(BFI) – Le rapport ITIE 2023 met en lumière une évolution significative de la structure de participation du champ gazier YOYO entre 2022 et 2023. La part de l’État camerounais, via la Société nationale des hydrocarbures (SNH), est passée de 50 % à 25 %, tandis que celle de l’opérateur Noble Energy a augmenté de 50 % à 75 %. Le document ne précise pas la nature exacte de cette opération. La SNH n’a pas communiqué sur l’existence d’une éventuelle cession formelle, d’un transfert de droits ou de tout autre mécanisme contractuel permettant d’expliquer ce rééquilibrage.
Selon des experts du secteur, cette nouvelle répartition pourrait s’inscrire dans le cadre d’un contrat de partage de production (CPP). Ce type de dispositif permet d’ajuster la structure du tour de table en fonction de l’architecture du projet et du niveau d’engagement financier des partenaires. Le champ YOYO n’ayant pas encore atteint sa phase de développement effectif, les participations peuvent être renégociées pour refléter plus finement la part des investissements supportés par chaque acteur. Dans ce contexte, la montée de Noble Energy à 75 % traduit un rôle accru dans le portage technique et financier du projet.
Un gisement transfrontalier structurant avec la Guinée équatoriale
Le 19 novembre [année À vérifier], les autorités camerounaises et équato-guinéennes ont présenté à Yaoundé, à l’occasion d’une visite officielle du vice-président équato-guinéen, le plan de développement du gisement transfrontalier Yoyo-Yolanda. Ce gisement est estimé à 2 500 milliards de pieds cubes de ressources gazières. Cette présentation marque une étape dans l’opérationnalisation de ce projet commun, appelé à s’inscrire dans la durée et à alimenter les infrastructures énergétiques des deux pays.
Le développement du champ Yoyo-Yolanda doit s’appuyer sur deux pipelines distincts. Le premier acheminera le gaz vers le centre de traitement de Bipaga, dans le Sud-Cameroun. Le second alimentera le complexe industriel de Punta Europa, sur l’île de Bioko en Guinée équatoriale, en utilisant les infrastructures existantes du champ Alen. Selon la répartition initiale, le Cameroun doit bénéficier de 84 % des ressources tirées de cette exploitation en commun, contre 16 % pour la Guinée équatoriale. Pour le Cameroun, Yoyo-Yolanda représente ainsi une opportunité stratégique pour sécuriser de nouvelles ressources énergétiques et mieux valoriser ses capacités d’exportation de gaz.




