(BFI) – Le score de transparence budgétaire du Cameroun a progressé de huit points, passant de 50/100 en 2023 à 58/100 en 2025 selon l’Enquête sur le budget ouvert (Open Budget Survey) de l’International Budget Partnership (IBP), alors même que les scores relatifs à la participation du public et au contrôle législatif n’ont pas suivi la même tendance. Le ministère des Finances (MINFI) a présenté ces résultats le 10 octobre.
Cette progression reflète un meilleur accès du public aux informations sur le budget de l’État et la gestion des ressources publiques ; elle place le Cameroun derrière le Bénin (77/100) mais devant la Côte d’Ivoire (55/100). Le pays reste toutefois à trois points du seuil de 61/100 — niveau à partir duquel l’IBP considère qu’un pays publie suffisamment d’informations pour permettre un débat public éclairé sur le budget — et des efforts supplémentaires sont nécessaires pour renforcer la participation des citoyens aux décisions budgétaires ainsi qu’au suivi des dépenses publiques.
L’enquête évalue la disponibilité, la ponctualité et l’exhaustivité des documents budgétaires clés (projets de budget, budgets adoptés, rapports d’exécution et rapports d’audit) et mesure le volume d’informations publiées par les gouvernements concernant la collecte des recettes, l’affectation des dépenses et l’utilisation des fonds publics. Le Cameroun a progressivement amélioré la publication de ces documents : la Chambre des comptes de la Cour suprême a rendu public son rapport d’audit annuel, et le projet de loi de finances a intégré des informations complémentaires sur les incidences financières des nouvelles politiques, les estimations de recettes antérieures et les recettes affectées.
Ces progrès en matière de transparence contrastent avec un recul de la participation du public : le score du Cameroun est passé de 20/100 en 2023 à 9/100 en 2025, se situant ainsi en deçà de la moyenne mondiale de 17/100. Le score relatif au contrôle budgétaire est resté inchangé à 33/100, un niveau que l’IBP qualifiait déjà de faible en 2023, lorsqu’il recommandait un contrôle législatif plus rigoureux de l’exécution budgétaire ainsi qu’une plus grande implication du public dans l’élaboration et l’audit du budget.
Des lacunes subsistent également en matière de communication d’informations sur la dette. Une évaluation de l’IBP sur la responsabilité en matière de dette, publiée le 14 avril 2026, situe la dette publique à 45,6 % du PIB à la fin de 2024 et relève l’absence de plan d’emprunt annuel distinct ainsi que de rapport annuel complet sur la mise en œuvre de la dette. Les accords de prêt ne sont pas divulgués dans leur intégralité et le public n’est pas associé aux décisions relatives à la dette lors du processus budgétaire. Des progrès supplémentaires en matière de participation citoyenne et de contrôle des dépenses demeurent nécessaires pour renforcer la transparence de la gestion des ressources de l’État.
Antoine Mboussi




