AccueilSecteursEconomieLe Cameroun fixe la date du 4e recensement général de la population...

Le Cameroun fixe la date du 4e recensement général de la population en avril prochain

-

Le Premier ministre camerounais, Joseph Dion Ngute, a signé un arrêté à cet effet le 06 mars dernier. Le texte précise que ces opérations seront menées simultanément avec le module de base du Recensement général de l’agriculture et de l’élevage (RGAE), dans le cadre d’une collecte des données mutualisées. Cette décision met fin à une longue attente. Le 4e recensement de la population a été institué par décret présidentiel en septembre 2015, mais sa mise en œuvre a été repoussé à plusieurs reprises. Pendant ce temps, le pays continue de s’appuyer sur des estimations démographiques établies à partir du dernier recensement réalisé en 2005. Les résultats de cette opération faisaient état d’une population d’environ 20 millions d’habitants. Depuis l’évolution démographique du Cameroun est évaluée à partir de projections statistiques. Pour les autorités économiques, cette situation complique la planification des politiques publiques, faute de données actualisées sur la structure des ménages, la répartition territoriale de la population ou encore la dynamique migratoire interne.

Les données issues du nouveau recensement doivent servir à orienter la programmation budgétaire, la localisation de infrastructures publiques ou encore la définition des politiques sociales. Dans un contexte de forte croissance urbaine, les autorités cherchent notamment à mieux dimensionner les investissements dans les écoles, les centres de santé, les réseaux d’eau ou les infrastructures routières.

Le recensement couplé à l’agriculture et à l’élevage vise également à combler le déficit d’informations sur le secteur rural. Selon les responsables du ministère de l’économie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat), les données collectées permettront d’établir un inventaire détaillé des exploitations agricoles, des superficies cultivées et du cheptel. Ces informations doivent alimenter la mise en place d’un système permanent de statistique agropastorale destinées à suivre l’évolution de la production, des revenus des ménages ruraux et de la sécurité alimentaire.

La mutualisation des deux recensements répond aussi à des contraintes budgétaires. Les autorités ont décidé de regrouper les opérations de collectes afin de réduire les coûts logistiques et de traitement des données, qui représente une part importante du budget global de l’opération. Le coût du projet a d’ailleurs été révisé à la baisse. Lors d’une réunion interministérielle, tenu à Yaoundé en août 2025, sous la présidence du Premier ministre, le ministre délégué chargé de la planification, Paul Tasong, a indiqué que les besoins financiers pour les opérations de dénombrement s’élevaient à un peu plus de 13,28 milliards de Fcfa. Selon ce responsable gouvernemental, une partie importante de ce financement provient du projet régional d’harmonisation des informations statistique en Afrique de l’Ouest et Centrale, soutenu par la Banque mondiale qui mobilise plus de 7 milliards de Fcfa pour l’opération camerounaise. Le solde, soit plus de 2,26 milliards de Fcfa, est pris en charge par le budget de l’Etat.

D’après les autorités les sources de financement ont été identifiées et les procédures de décaissements enclenchées afin de permettre les opérations de terrain dans les délais fixés.

Cédric Boyomo

Rédaction
Rédaction
Média multi-support édité par l’Agence Rhéma Service, cabinet de communication et de stratégie basé à Douala, Business & Finance International regroupe des partenaires internationaux issus du monde des médias, des affaires et de la politique, mus par la volonté de fournir une information vraie, crédible et exploitable pour un investissement sûr en Afrique.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici