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Le Cameroun et l’Ukraine explorent les possibilités de coopération pour la modernisation agricole

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Selon le ministère des Finances camerounais, les discussions ont porté sur les mécanismes de financement agricole, le partage d’expériences et les opportunités de coopération visant à renforcer la résilience et la modernisation du secteur agricole camerounais. M. Hohiia a indiqué que l’Ukraine souhaitait développer sa coopération économique et commerciale avec le Cameroun dans plusieurs secteurs. « Nous avons examiné les différentes manières d’établir une coopération entre nos deux pays. L’Ukraine a beaucoup à partager avec les Camerounais et nous sommes prêts à coopérer avec tous », a-t-il déclaré.

Au-delà de l’agriculture, la délégation ukrainienne a également proposé un partage d’expertise technique et technologique en matière de finances publiques, notamment pour la mobilisation et la sécurisation des recettes fiscales et douanières.

Le Cameroun renforce sa résilience agricole

Cette coopération proposée intervient alors que le Cameroun cherche à consolider sa production agricole nationale et à réduire sa vulnérabilité aux fluctuations des prix des matières premières et des chaînes d’approvisionnement internationales. Cette vulnérabilité est devenue particulièrement criante suite au déclenchement du conflit russo-ukrainien en 2022, lorsque les perturbations des approvisionnements mondiaux en céréales ont affecté les importations de blé et les prix alimentaires nationaux.

Selon les données de l’Institut national de la statistique (INS), le Cameroun a importé 920 400 tonnes de blé pour une valeur de 260,7 milliards de Fcfa en 2022. Ce volume est en baisse de 4,8 % par rapport aux 966 400 tonnes importées en 2021. La contribution de la Russie aux importations de blé du Cameroun a fortement diminué, passant de 524 000 tonnes en 2021 à 138 000 tonnes en 2022, en raison des tensions subies par les chaînes d’approvisionnement internationales.

Cette perturbation s’est également répercutée sur les prix intérieurs. En mars 2022, le prix autorisé d’un sac de 50 kg de farine de blé est passé de 19 000 à 24 000 francs CFA, tandis que le prix officiel d’une miche de pain de 200 grammes a augmenté de 125 à 150 Fcfa. L’INS a par la suite indiqué que les prix du pain et des céréales avaient augmenté de 16,3 % en 2022.

Globalement, les prix alimentaires ont progressé de 12,9 %, contribuant à une inflation nationale de 6,3 % cette année-là. L’agriculture représente environ 20 % du PIB du Cameroun et emploie plus de 60 % de la population active, d’après les estimations de la Banque mondiale. Le gouvernement cherche à développer la production grâce à son Plan intégré agro-pastoral et halieutique de substitution aux importations (PIISAH) 2024-2026. Ce programme vise à accroître la production et la transformation locales tout en réduisant la dépendance aux importations alimentaires. Le plan cible des produits tels que le riz, le maïs, le poisson et d’autres denrées alimentaires de base. Pour la campagne agricole 2026, les autorités ont fixé un objectif de 400 000 tonnes de riz et 40 000 tonnes supplémentaires d’huile de palme, parallèlement à une mécanisation accrue et à la distribution de semences améliorées et d’équipements de transformation.

L’Ukraine s’appuie sur son important secteur agricole

La proposition ukrainienne s’appuie sur l’expérience de l’un des principaux producteurs et exportateurs agricoles d’Europe. Le pays a récolté 57,6 millions de tonnes de céréales et 17,3 millions de tonnes d’oléagineux en 2025, selon le ministère ukrainien de l’Économie, de l’Environnement et de l’Agriculture. Les exportations agricoles ukrainiennes ont atteint 22,6 milliards de dollars en 2025 et représentaient environ 56 % des exportations totales du pays. Les exportations de céréales à elles seules étaient évaluées à 7,27 milliards de dollars, dont 3,90 milliards pour le maïs et 2,99 milliards pour le blé et le métsil.

Les discussions à Yaoundé portent donc sur le transfert d’expérience d’une économie où l’agriculture demeure une source importante de recettes d’exportation, tandis que le Cameroun cherche à accroître sa productivité, à renforcer la transformation locale et à réduire sa dépendance aux importations alimentaires. Le ministère des Finances a indiqué que M. Motaze avait réaffirmé l’engagement du gouvernement à soutenir la transformation du secteur agricole camerounais, que les autorités considèrent comme un moteur essentiel de la croissance économique, de l’emploi et de la sécurité alimentaire.

Omer Kamga

Rédaction
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