(BFI) – En visite de travail en Corée du Sud depuis le 25 mars 2026, le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, a multiplié les échanges avec les autorités coréennes sur la phase d’extension du Centre des urgences de Yaoundé (Cury). À Séoul, le membre du gouvernement a notamment échangé avec son homologue sud-coréenne, Jeong Eun-kyeong, sur ce projet présenté comme structurant pour améliorer durablement la prise en charge des urgences vitales dans la capitale, avant une extension progressive à d’autres villes du pays.
Le projet s’inscrit dans le prolongement du Records of discussion signé le 28 novembre 2023 entre les deux pays. Ce document encadre l’extension du Cury, avec un double objectif : accroître les capacités d’accueil et améliorer la qualité de la prise en charge des urgences vitales à Yaoundé. Mais l’ambition des autorités camerounaises dépasse le seul volet immobilier. « Nous sommes en train de développer avec la République de Corée, à travers la Koica (Agence coréenne de coopération internationale, Ndlr), la phase 2 du Cury. Cette phase 2 ne concerne pas simplement la structure. On a, dans cette phase 2, un système médical de gestion des urgences. C’est ce service qui nous amène en Corée », a expliqué Manaouda Malachie.
Pour soutenir ce projet, la Corée du Sud s’est engagée à mobiliser 8,5 milliards FCFA sous forme de don. Ces ressources doivent permettre d’agrandir les infrastructures existantes et de renforcer le plateau technique. Le programme prévoit notamment l’augmentation de la capacité d’accueil des patients en situation critique, l’amélioration de la qualité des soins d’urgence, la formation de spécialistes en médecine d’urgence et de techniciens, ainsi que la mise en place d’un call-center dédié à la coordination des interventions. Dans cette logique de montée en puissance, la délégation camerounaise a également demandé l’intégration d’un laboratoire automatisé, afin d’accélérer les diagnostics et de renforcer la réactivité des équipes médicales.
Un projet déjà en phase active
Les premiers jalons de Cury 2 sont déjà posés. Le 13 février 2026, un appel d’offres national en procédure d’urgence a été lancé pour la réalisation d’une étude d’impact environnemental et social, pour un coût estimé à 30 millions FCFA. Selon le ministère de la Santé publique, cette mission en Corée s’inscrit dans « la volonté du gouvernement de renforcer durablement l’offre de soins et d’améliorer la prise en charge rapide et efficace des urgences médicales sur l’ensemble du territoire national ».
Inauguré en 2016, le Cury a été réalisé grâce à un financement de 84 millions de dollars, apporté par la Koica. Premier centre du genre en Afrique centrale, il est spécialisé dans la prise en charge des patients en détresse vitale, notamment les cas d’infarctus, d’embolie pulmonaire ou les victimes d’accidents graves. Cette infrastructure a introduit des standards plus modernes dans la gestion des urgences au Cameroun, au point de s’imposer comme une référence nationale et sous-régionale.
Au-delà de Yaoundé, les autorités envisagent désormais de dupliquer ce modèle dans d’autres régions. La Koica a d’ailleurs proposé un projet global visant à mettre en place un système de services médicaux d’urgence à l’échelle nationale, avec la création de centres régionaux. À ce jour, la capitale reste la seule ville à disposer d’une telle infrastructure. L’ambition affichée est donc d’élargir l’accès à des soins d’urgence de qualité sur l’ensemble du territoire.
Elise Nguélé




