(BFI) – Grâce à l’amélioration de la qualité de la production locale, le Cameroun connaît une envolée des ventes sur le marché international.
Des stocks de fèves de cacao camerounais refoulés lors de ventes à l’international, du fait de la mauvaise qualité. En plus de l’impact sur les ventes, l’image a fait suffisamment mal pour inciter les autorités camerounaises à mener une lutte âpre contre les mauvaises pratiques post-récolte. En effet, cette matière première pour laquelle, dont le Cameroun se positionne comme quatrième exportateur mondial, occupe une place importante dans l’économie nationale. Elle représentait 12% des exportations du pays en 2019.
D’après une étude récente sur la chaîne de valeur du cacao au Cameroun, la production, la transformation et l’exportation contribuent autour de 0.89% au Produit intérieur brut. Selon une source au ministère du Commerce, « les recettes fiscales produites par la filière sont estimées à 23.8 milliards Fcfa par an. Par ailleurs, le montant des exportations de fèves, en grade II, de la pâte et du beurre de cacao était estimé à environ 375 milliards Fcfa en 2019 ».
Une belle performance qui, selon notre source, se justifie par la couleur rouge brique et la teneur en beurre des fèves de cacao produites localement, uniques au monde. C’est ainsi que le forastero et le trinitario, principalement cultivés dans huit des 10 régions du pays à l’exception du Nord et de l’Extreme-Nord, sont sollicités pour la fabrication de grandes marques de chocolat comme Cocoa Valley, ou encore Camayos.
Au plan interne, les prix du cacao aux producteurs sont fortement liés aux prix sur le marché international. Grâce au système fiscal de la filière camerounaise qui privilégie la rémunération au détriment des caisses de l’Etat, le producteur camerounais est l’un des mieux payés. « Depuis deux campagnes le producteur camerounais s’en sort avec un prix bord-champ moyen de 1000F par Kg », indique notre source au Mincommerce.
La commercialisation interne est en outre perturbée par la présence d’opérateurs illégaux appelés « coxeurs » qui agissent en marge de la réglementation, contribuant à la mauvaise qualité de la production. Mais d’une manière formelle, la filière est régie par les ministères en charge du commerce, de l’agriculture de la recherche. La Société de développement du cacao et l’Office national du cacao et du café s’occupent respectivement de la production et de la commercialisation du cacao.
Du côté du secteur privé, il y a le Conseil interprofessionnel du cacao et du café qui regroupe entre autres les producteurs, les exportateurs et autres coopératives. A l’horizon 2030, le Cameroun ambitionne d’atteindre 900.000 tonnes de cacao en transformant au moins la moitié de cette production sur place.