(BFI) – Selon le ministre des Mines, Gabriel Dodo Ndoké, la Société nationale des mines (Sonamines), le bras séculier de l’État du Cameroun dans le secteur de la mine solide, a canalisé vers le circuit formel 175 kg d’or, d’une valeur totale de 3,2 milliards de FCFA.
À en croire ce membre du gouvernement, qui a révélé cette information pendant la défense de l’enveloppe budgétaire de son département ministériel devant la commission des finances de l’Assemblée nationale, ces chiffres « préfigurent la hausse de la contribution de l’exploitation minière aux recettes de l’État ».
En effet, les revenus issus de l’exploitation minière, qui est encore artisanale, restent marginaux dans le pays. Officiellement, ils représentent moins de 1% du PIB du Cameroun. La faute au manque de financements et de partenaires fiables pour l’exploitation des gisements majeurs de fer, diamant, bauxite, cobalt, etc., qui essaiment pourtant dans le pays. La faute aussi à l’écoulement dans les circuits informels de près de 90% de la production de minerais comme l’or, selon les données officielles.
Cependant, cette tendance au trafic des ressources minérales issues du sous-sol camerounais pourrait s’inverser dans les prochaines années. Ceci, à la faveur de l’élaboration par la Sonamines d’une stratégie de canalisation et de commercialisation de l’or et du diamant, activité autrefois dévolue au Capam (Cadre d’appui à l’artisanat minier), dont la nouvelle entité créée en décembre 2020 a repris les actifs conformément à la loi.
Fort de son engagement à sortir l’or des circuits de commercialisation informels, la Sonamines a, par exemple, collecté 43,46 kg d’or auprès des artisans miniers entre le 17 juillet et le 30 novembre 2021, selon les données de l’entreprise. Cette performance correspond à une hausse de 93% en glissement annuel, et de 138,9% par rapport à la même période en 2019.