(BFI) – Le 9 octobre 2026, la Société financière internationale (IFC) a approuvé une garantie pouvant atteindre 2,87 milliards de Fcfa, destinée à couvrir un prêt que la Banque internationale du Cameroun pour l’épargne et le crédit (BICEC) prévoit d’accorder à l’institution de microfinance ACEP Cameroun. Selon les informations officielles sur le projet, mises à jour le 16 octobre, l’opération n’a pas encore été signée et aucun décaissement n’a été confirmé.
Cette opération marque une évolution par rapport au plan de financement initial de l’IFC, défini en juillet 2025, qui prévoyait un prêt direct de 5 millions de dollars à ACEP. Dans le cadre du nouveau dispositif, c’est la BICEC qui octroiera le prêt, tandis que l’IFC garantira le remboursement à hauteur de 2,87 milliards de Fcfa. La garantie couvre 100 % du principal du prêt, mais exclut les intérêts courus. En cas de défaut de paiement d’ACEP, si l’IFC est amenée à effectuer un versement au titre de cette garantie, elle disposera d’un droit de recours pour obtenir le remboursement directement auprès d’ACEP.
La BICEC, filiale du groupe bancaire marocain Banque Centrale Populaire (BCP), détient déjà une participation de 27 % dans ACEP Cameroun. Elle agira donc à la fois en tant que prêteur et actionnaire de l’institution de microfinance. Parmi les autres actionnaires figurent Investisseurs & Partenaires (20 %), la Société nationale d’investissement (15 %) — société d’investissement publique camerounaise — et ACEP International (13 %).
Un financement sur cinq ans pour soutenir les petites entreprises
Ce prêt, d’une durée de cinq ans, vise à permettre à ACEP Cameroun d’accroître ses financements en faveur des micro, petites et moyennes entreprises. Selon les conditions envisagées, au moins 25 % des fonds seront alloués à des entreprises détenues ou dirigées par des femmes. L’opération bénéficiera également du soutien de l’Association internationale de développement (IDA), une entité du Groupe de la Banque mondiale. L’IDA fournira une garantie contre les premières pertes (« first-loss guarantee ») pouvant atteindre 1,7 million de dollars, absorbant ainsi une partie des pertes potentielles liées à l’opération. Il ne s’agit pas d’un prêt distinct accordé directement à ACEP.
Selon l’IFC, ce soutien concessionnel est nécessaire pour rendre viable le prêt libellé en francs CFA. Elle estime l’avantage financier découlant de ce montage à environ 8,2 % du coût total du projet. Les informations publiées sur le projet ne précisent ni le taux d’intérêt du prêt consenti par la BICEC, ni la date prévue pour la signature, ni le calendrier des décaissements. Aucun autre détail n’est fourni concernant ces conditions.
Omer Kamga




