(BFI) – La justice genevoise a décidé de mettre Romy Castel en prévention (équivalent, en droit suisse, de la mise en examen) pour faux dans les titres. Il est reproché à Romy Castel d’avoir utilisé une procuration générale comportant une signature présentée comme celle de son père afin de s’attribuer des pouvoirs qu’elle ne détenait pas et d’agir en son nom.
Après la révocation du mandat d’administrateur de Romy Castel il y a quelques jours, la lutte de pouvoir qui oppose l’héritière de la famille à l’actuel directeur du mastodonte français du vin atterrit devant la justice genevoise pour une accusation de production et d’usage de faux document.
Romy Castel est soupçonnée d’avoir contrefait un document de son père âgé de 99 ans. En réaction aux actions de l’héritière ces derniers mois, les instances dirigeantes ont révoqué Romy Castel de ses mandats d’administrateur chez Castel Vins ainsi que chez Somdia.
Selon Christian Lüscher, avocat de Grégory Clerc à Genève « Romy Castel souhaitait s’attribuer l’ensemble des pouvoirs de son père au moyen d’une signature falsifiée. »
La décision de la Première Procureure marque une étape importante dans cette procédure. Elle signifie que les autorités judiciaires genevoises considèrent que les éléments fournis à l’appui de la plainte sont suffisamment sérieux et graves pour poursuivre leurs investigations sous le statut de prévenue.
Romy Castel s’oppose à la direction actuelle du groupe, qu’elle accuse de vouloir démanteler l’empire et de chercher à céder des actifs majeurs comme la Sosucam au Cameroun. Une déclaration aussitôt démentie par le Groupe Castel qui demeure pleinement mobilisée pour garantir la pérennité de ses activités, protéger ses salariés et créer de la valeur à long terme pour l’ensemble de ses parties prenantes.
Qui est Romy Castel ?
Jusqu’à cette semaine, peu de gens connaissaient Romy Castel. La fille de Pierre Castel — fondateur en 1949 du groupe éponyme, premier négociant vitivinicole français — avait toujours évolué dans l’ombre du patriarche, dans une discrétion assumée. La voilà contrainte à la lumière.
Agé de 52 ans, Romy Castel se présente comme « la seule garante des valeurs de son père ». Officiellement, elle était administratrice de Castel-Vins — jusqu’à ce que ce mandat lui soit retiré le 26 juin par DF Holding, la structure de contrôle luxembourgeoise du groupe.



