(BFI) – La Centrale d’achat du Gabon (CEAG) a été officiellement lancée vendredi 10 avril à Libreville par le ministre de l’Économie, des Finances et des Participations, chargé de la Dette et de la lutte contre la vie chère, Thierry Minko, en présence du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault.
Cette nouvelle structure dédiée à la régulation du marché et des prix vise à lutter contre la cherté de la vie et à restaurer des conditions d’accès plus équilibrées aux produits de première nécessité. La CEAG est chargée de contrôler les produits importés, d’en vérifier la qualité et les coûts d’acquisition, tout en assurant un suivi au niveau des services douaniers. L’objectif est de garantir que les coûts observés à l’importation se répercutent effectivement sur des prix accessibles pour les consommateurs. En structurant ainsi la chaîne d’approvisionnement, les autorités gabonaises entendent réduire les distorsions du marché et renforcer la transparence dans la formation des prix.
Au cœur du dispositif figure également une approche participative intégrant les consommateurs dans le processus de régulation. Une plateforme dédiée permettra aux citoyens de signaler les écarts de prix observés sur le marché. À partir d’une simple photographie d’un produit, les utilisateurs pourront comparer les prix pratiqués aux références officielles et alerter les autorités en cas d’anomalie. Ce mécanisme vise à renforcer la surveillance du marché et à accélérer les interventions des services compétents en cas de pratiques abusives.
Au-delà de cet outil, la CEAG s’appuie sur une stratégie visant à assurer un approvisionnement régulier en produits de qualité, encadrer les prix sur le marché et encourager la consommation de produits locaux. Le modèle prévoit un circuit structuré dans lequel les produits importés sont stockés dans des entrepôts avant d’être distribués aux grossistes à un prix unique. Cette organisation vise à limiter les marges excessives et stabiliser les prix sur l’ensemble du territoire. Une mercuriale nationale viendra encadrer les prix de vente finaux afin d’assurer la cohérence du dispositif.
Un déploiement progressif
Attendue en janvier, la mise en service de la CEAG a été différée à avril afin de finaliser les prérequis opérationnels et administratifs. Selon les autorités, plusieurs étapes restaient nécessaires, notamment la régularisation des documents juridiques, la définition du calendrier des opérations et la sécurisation des partenariats avec les fournisseurs internationaux.
La Centrale est structurée comme une société d’économie mixte, détenue à 37 % par l’État et à 63 % par des opérateurs privés du secteur de la distribution. Dotée d’un capital initial de 1 milliard FCFA (1,8 million $), elle a été créée à la suite d’une décision du Conseil des ministres en août 2025 et placée sous la tutelle du ministère de l’Économie et des Finances. Son modèle repose sur la négociation directe avec des producteurs internationaux pour l’importation de denrées de base, avec l’ambition de sécuriser l’offre et de maîtriser les coûts.
À travers ce dispositif, les autorités gabonaises cherchent à instaurer un cadre plus structuré de formation des prix, à réduire les asymétries d’information sur le marché et à contenir les effets inflationnistes sur le pouvoir d’achat des ménages.




