La Banque mondiale alerte sur quatre risques économiques découlant de la pandémie du Covid-19

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(BFI) – Dans un nouveau rapport, la Banque mondiale alerte les pays en développement, dont le Maroc, sur quatre risques financiers découlant de la crise Covid-19. Il s’agit du nombre croissant de prêts non productifs, de la résolution tardive du problème des prêts douteux, de l’accès plus restreint au crédit ainsi que les niveaux élevés de la dette souveraine. L’institution appelle ainsi les gouvernements à privilégier des actions rapides et sur mesure destinées à soutenir l’assainissement du système financier afin qu’il puisse fournir le surcroît de crédits nécessaires pour stimuler la reprise.

La Banque mondiale alerte les gouvernements sur les nouveaux risques économiques pressants découlant de la pandémie de la Covid-19. Dans un nouveau rapport, analysant les dernières évolutions dans les pays en développement, notamment au Maroc, l’institution de Bretton Woods précise que ces risques sont essentiellement d’ordre financier et compromettent une reprise solide et équitable. Il s’agit du nombre croissant de prêts non productifs, de la résolution tardive du problème des prêts douteux, de l’accès plus restreint au crédit – particulièrement pour les ménages à revenus modestes et les petites entreprises – ainsi que les niveaux élevés de la dette souveraine. «C’est le moment de privilégier des actions rapides et sur mesure destinées à soutenir l’assainissement du système financier afin qu’il puisse fournir le surcroît de crédits nécessaires pour stimuler la reprise. À défaut, ce sont les plus vulnérables qui seront les plus durement touchés», avertit Carmen Reinhart, vice-présidente sénior et économiste en chef du Groupe de la Banque mondiale.

Le rapport sur le développement dans le monde 2022 attire ainsi l’attention sur plusieurs domaines d’action prioritaires, dont la détection précoce des risques financiers, notamment les défauts de paiement. Des enquêtes réalisées auprès d’entreprises de pays en développement pendant la pandémie ont révélé qu’en moyenne 46% des participants s’attendaient à accumuler des arriérés de paiement. Au Maroc, ce chiffre se situe à 39%, contre 90% en Afrique du Sud qui enregistre le taux le plus élevé. Or, avertit la Banque mondiale, les défauts de paiement pourraient augmenter considérablement et la dette privée se muer rapidement en une dette publique à mesure que les gouvernements déploient des mesures de soutien. Rappelons qu’au Maroc, l’intervention de l’État en faveur des entreprises a atteint à fin septembre 2021 plus de 271.000 crédits avec des financements avoisinant 45,6 milliards de DH. À fin décembre dernier, les créances en souffrance se sont situées à 83,4 milliards de DH sur 988,2 de crédits bancaires, dont un risque de 46,3 milliards pour les entreprises privées sur un encours de crédit de 406,2 milliards de DH.

La Banque mondiale invite ainsi les autorités à une gestion anticipatoire des prêts en difficulté. Selon ses experts, les pertes de revenus causées par la pandémie ont entraîné une détérioration spectaculaire de la santé financière des ménages et des entreprises et pourraient déclencher une forte augmentation des défauts de paiement une fois les politiques de soutien retirées. À son tour, cette situation pourrait être préjudiciable à la santé financière de nombreux prêteurs. «Une priorité importante pour les responsables politiques des pays à revenu intermédiaire est donc de s’assurer que le secteur financier reste suffisamment capitalisé et que les organes de régulation et les institutions financières mettent en place des cadres appropriés permettant d’identifier rapidement et de façon complète les risques auxquels est exposé le secteur financier», préconisent les économistes de l’institution. Par ailleurs, pour gérer les risques au niveau national, la Banque mondiale prône un accompagnement plus optimisé pour les entreprises pendant la reprise.

Selon l’institution, il faudrait réduire le soutien accordé aux entreprises qui sont financièrement résilientes et qui ont accès au crédit et aux marchés financiers susceptibles de les aider à surmonter des problèmes temporaires de liquidité. De même, pour les ménages, il faudrait d’abord revoir à la baisse l’aide destinée à ceux qui sont financièrement résilients, et maintenir celle qui protège les revenus et les moyens de subsistance des populations vulnérables, jusqu’à ce que les perspectives de relèvement de ces populations se soient sensiblement améliorées.

Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, 50% des ménages sont incapables de satisfaire leurs besoins de consommation de base pendant plus de trois mois. En outre, l’entreprise moyenne signale qu’elle dispose uniquement de réserves de trésorerie pour couvrir deux mois de dépenses. «Il est essentiel d’œuvrer à l’élargissement de l’accès au crédit et de veiller à ce que les capitaux soient affectés de manière à stimuler la croissance. Cela permettrait à des entreprises de plus petite taille, mais plus dynamiques, et à des secteurs présentant un potentiel de croissance plus important, d’investir et de créer des emplois », souligne le président du groupe de la Banque mondiale, David Malpass.

Félix Victor Dévaloix

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