(BFI) – La Banque africaine de l’énergie devrait être opérationnelle d’ici quelques semaines et commencer à financer des projets début 2027. Ses fondateurs cherchent ainsi à accélérer les investissements dans les infrastructures énergétiques et à renforcer les marchés intérieurs du gaz à travers l’Afrique.
Farid Ghezali, secrétaire général de l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO), a exposé ces projets lors d’un panel technique organisé dans le cadre du forum stratégique GECF-AEC, durant l’African Energy Week (AEW) 2026 au Cap. Lancée par l’APPO et Afreximbank, cette banque donnera la priorité aux projets favorisant le développement économique régional dans quatre domaines : les infrastructures d’exportation, les infrastructures nationales, les solutions de cuisson propre et la production d’électricité.
La Banque africaine de l’énergie se concentre sur les corridors énergétiques régionaux
M. Ghezali a souligné que les exportations de gaz et l’approvisionnement intérieur devaient se développer de manière parallèle. « Je viens d’un pays où il est impossible d’exporter la moindre goutte de gaz si la demande intérieure n’est pas satisfaite », a-t-il déclaré.
L’APPO et le Forum des pays exportateurs de gaz (GECF) ont signé un accord plus tôt cette année afin de collaborer sur les corridors gaziers. Leurs plans prévoient notamment l’harmonisation des tarifs de transit et des contrats gaziers entre les États membres, facilitant ainsi le développement d’infrastructures transfrontalières et les échanges régionaux de gaz.
Le panel a analysé les raisons pour lesquelles les marchés intérieurs du gaz restent sous-développés, malgré les investissements consacrés aux capacités d’exportation du continent. Rashid Ali Abdallah, directeur exécutif de la Commission africaine de l’énergie (AFREC), a noté qu’une grande partie des investissements récents a été orientée vers les terminaux d’exportation, tandis que les gazoducs régionaux peinent toujours à obtenir des financements. M. Abdallah a plaidé pour la mise en place de cadres de financement régionaux destinés à soutenir les infrastructures transfrontalières, ainsi que pour une planification conjointe des gazoducs et des réseaux de transport d’électricité.
L’industrie sud-africaine confrontée à l’incertitude de son approvisionnement en gaz
Selon Jaco Human, directeur exécutif de l’Industrial Gas Users Association of Southern Africa (IGUA-SA), les consommateurs industriels sud-africains pourraient se retrouver privés de gaz naturel d’ici environ 18 mois, le charbon ne constituant qu’une solution de remplacement à court terme. Une structure de regroupement de la demande en gaz a été créée afin de mutualiser les besoins, de partager les risques et de soutenir les investissements dans les infrastructures à l’échelle régionale. Un projet de gazoduc reliant le bassin de l’Orange au Cap-Occidental et aux marchés intérieurs nécessiterait une demande annuelle d’environ 200 pétajoules. « La demande est bien supérieure à ce chiffre ; le problème n’est donc pas d’ordre économique », a déclaré Human. « Il s’agit plutôt d’un problème de coordination. »
Abubakar Abbas, analyste principal en prévisions énergétiques au GECF, a estimé que l’Afrique aura besoin d’au moins 1 000 milliards de dollars au cours des 30 prochaines années pour développer ses ressources gazières. La consommation annuelle d’énergie par habitant sur le continent s’établit à environ 25 gigajoules, un niveau bien inférieur à la moyenne mondiale. Abderrezak Benyoucef, chef du département des études énergétiques à l’OPEP, a indiqué que l’organisation prévoit une augmentation de la part du gaz naturel dans le mix énergétique africain, qui passerait de 17 % à 23 % d’ici 2050. La production d’électricité devrait passer de moins de 1 000 térawattheures (TWh) à environ 2 700 TWh, le gaz devant représenter la moitié de cette production.
La Banque africaine de l’énergie (AEB) a son siège à Abuja, où le Nigeria a remis les locaux de l’institution à l’APPO et à Afreximbank en février. Ses activités de financement visent à soutenir des projets énergétiques destinés à relier les marchés, à accroître l’offre intérieure et à renforcer les infrastructures régionales.




