(BFI) – Le Cameroun va bénéficier un financement de 203,4milliards de Fcfa accordés par la banque africaine de développement (BAD) pour la construction d’un tronçon routier appelés à renforcer les liaisons avec le Congo. L’information figure dans un communiqué publié le 9 mars par l’institution financière panafricaine.
Selon ce document, le conseil d’administration du Groupe de la BAD a approuvé le 18 février 2026, ce prêt destiné à soutenir la première phase du programme de désenclavement et de connectivité des bassins économiques transfrontaliers dans la région de l’Est Cameroun. le financement doit également permettre l’aménagement et le bitumage de la section Ngoura II- Yokadouma, long de 156 kilomètres.
Ce tronçon constitue l’une des composantes de l’axe routier Bertoua-Batouri-Ngoura II-Yokadouma-Mouloundou, une infrastructure qui s’étend jusqu’à la frontière congolaise. L’amélioration de cet itinéraire doit permettre de renforcer les échanges entre les deux pays et faciliter la circulation des produits agricoles et forestiers provenant de l’Est Cameroun. Dans le communiqué publié par la BAD, Léandre Bassolé, Directeur général de l’institution pour l’Afrique centrale, souligne que le projet s’inscrit dans la stratégie de la banque visant à soutenir la transformation économique dans la sous-région. Il ajoute que le financement de cette route doit améliorer la connectivité de la région orientale du Cameroun et renforcer son insertion dans les corridors commerciaux frontaliers d’Afrique centrale. La banque insiste également sur la situation particulière de la région. Avec une superficie d’environ 109 000 km2, l’Est représente près de 23% du territoire camerounais. Pourtant, selon les données présentées dans le communiqué, la proportion des routes bitumées n’y atteint qu’environ 6,25% tandis que la densité routière est estimée seulement à 0,7km pour 1000 habitants.
Pour la BAD, cette faiblesse du réseau constitue l’un des principaux freins au développement économique local. L’institution révèle que l’insuffisance des infrastructures de transport limite la valorisation des ressources agricoles et forestières et freine l’émergence d’activités privées dans cette zone frontalière. La future route doit donc permettre de réduire les coûts de transport et améliorer l’accès des producteurs aux marchés. Les autorités camerounaises et les partenaires financiers anticipent également un effet sur les échanges transfrontaliers avec la République du Congo, la route constituant l’une des voies de circulation reliant les deux pays.
La banque panafricaine estime par ailleurs que la mise en œuvre du programme pourrait générer au moins 2500 emplois directs et indirects. Les retombées attendues concernent notamment les jeunes, les femmes et les groupes considérés comme vulnérables, selon les précisions fournies dans le communiqué. Au-delà de ce projet, la BAD demeure l’un des principaux bailleurs du secteur routier camerounais. D’après les informations communiquées par l’institution, son portefeuille actuel dans ce domaine comprend neuf projets actifs représentant un engagement financier total d’environ 780,6 milliards de Fcfa.



