Dynamisation du potentiel minier Congolais

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(BFI) – Le pays dispose d’énormes réserves minières avec des polymétaux à usage agricole et industriel. Le lancement l’an dernier d’un complexe industriel de cuivre, de zinc et de plomb dans la Bouenza, l’extension de l’usine de potasse à Pointe-Noire et le projet de construction d’un port minéralier, vont contribuer à la dynamique du secteur des mines au Congo.

De sources officielles, le sous-sol congolais regorge d’au moins 25 milliards de tonnes de réserves de fer localisées dans les départements de la Lékoumou (Mayoko, Zanaga, Bambama, Madzoumou) et de la Sangha (Mont Nabemba, Ivindo, Boundoudo, Avima, Nabeba et Youkou) ; plus de 3,2 milliards de tonnes de réserves de potasse dans le département du Kouilou ; environ 2,2 millions de tonnes de réserves de cuivre ; ainsi que 531 millions de tonnes de réserves de phosphate.

Une nouvelle découverte fait état d’un gisement de gypse dans le département de la Bouenza, au sud du pays. Ce minerai précieux est utilisé pour la valorisation du calcaire présent en abondance dans le pays, parce qu’il est lui-même employé comme intrant dans la fabrication du ciment. Actuellement, la République du Congo importe le gypse, alors que le pays réalise une production record de ciment de plus de 3,5millions de tonnes par an, avec pas moins de cinq cimenteries.

Malgré ces nombreuses potentialités, le secteur minier demeure sous exploré. Puisque le moteur de l’économie nationale reste le pétrole qui détient deux tiers du Produit intérieur brut (PIB) et 80% des exportations. La performance économique actuelle du pays résulte de cette richesse exploitée depuis un demi-siècle. En août 2019, un premier gisement onshore, dont les réserves sont estimées à 359 millions barils, a été découvert dans le département de la Cuvette.

Pour tenter de réduire la forte dépendance du pays à l’or noir, le gouvernement s’est engagé à diversifier l’économie nationale, en misant sur le développement de l’agriculture et la transformation minière. Le cadre légal repose sur le code minier institué par la loi n° 4-2005 du 11 avril 2005, qui accorde une part de 10% à l’Etat congolais dans tous les projets miniers. La redevance minière varie de 2% à 7% selon les substances minérales non précieuses et de 5% en ce qui concerne les substances minérales précieuses.

Ce code minier a été enrichi deux ans après par un décret (n° 2007-274 du 21 mai 2007), fixant les conditions de prospection, de recherche et d’exploitation des substances minérales et celles d’exercice de la surveillance administrative. Deux autres décrets ont été pris pour faciliter les investissements dans ce domaine, dont l’un fixe les règles techniques d’exploitation des carrières de géomatériaux (n° 2007-293 du 31 mai 2007) et l’autre organise le bureau d’expertise, d’évaluation et de certification des substances minérales précieuses (décret n° 2008-338 du 22 septembre 2008).

Un consortium d’entreprises chinoises, la China road and bridge corporation, a été choisi par le gouvernement pour la construction d’un port minéralier à Pointe-Noire. L’installation portuaire sera construite sur 9 km2 et comportera 31 postes à quai. Elle va être dotée d’une capacité de réception de navires allant jusqu’à 300.000 tonnes, pour une capacité totale du trafic de 46 millions de tonnes.

Rémy Ngassana

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