(BFI) – Lors d’une visite de chantiers à Libreville, le 10 septembre 2026, Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a sommé Airtel Gabon et Canal+ Gabon de lancer immédiatement la construction de leurs sièges sociaux ou de quitter le pays.
En lançant un ultimatum inédit aux géants de la téléphonie mobile et au groupe audiovisuel Canal+, le président de la transition gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, impose un virage historique. Désormais, pour opérer et prospérer au Gabon, les multinationales devront obligatoirement construire des sièges sociaux d’envergure et ancrer physiquement leurs capitaux sur le territoire national.
Cette injonction fait suite à une série de convocations fermes des dirigeants de ces grands groupes au palais présidentiel de Rénovation. Le constat du pouvoir de transition est sans appel : alors que ces géants brassent des milliards de francs CFA auprès des ménages gabonais, leur empreinte infrastructurelle locale reste jugée dérisoire, se résumant trop souvent à la location de bâtiments secondaires. En exigeant un « patriotisme architectural », l’État gabonais entend valoriser son patrimoine urbain et stimuler le secteur du BTP, tout en rappelant que le renouvellement des précieuses licences d’exploitation est désormais conditionné au civisme économique.
Au-delà de Canal+ et des opérateurs télécoms, c’est un message global et sans ambiguïté qui est adressé aux futurs investisseurs internationaux. Le Gabon de la transition ne veut plus de contrats asymétriques ni d’extraction brute des richesses sans valeur ajoutée locale. Libreville reste une terre d’opportunités ouverte aux capitaux étrangers, mais à une condition non négociable : le passage définitif à un modèle « gagnant-gagnant » où chaque investisseur doit se muer en un partenaire bâtisseur du développement national.
Cette fermeté s’inscrit dans une série de recadrages menés par la présidence face aux retards de divers chantiers d’infrastructures à travers le pays.
Antoine Mboussi




