(BFI) – A l’issue de l’assemblée générale tenue le 10 avril 2026 à Douala, BGFIBank Cameroun a validé un dividende de 12 milliards de Fcfa après un bénéfice net de 15 milliards de Fcfa en progression de 18% sur un an. Le montant progresse de 20 % par rapport aux 10 milliards de FCFA versés un an plus tôt.
Cette hausse s’appuie sur une amélioration des résultats. La filiale camerounaise du groupe BGFI a enregistré un bénéfice net de 15 milliards de FCFA en 2025, en progression de 18 % sur un an. En clair, la banque a choisi de redistribuer environ 80 % de son résultat net à ses actionnaires, un niveau élevé qui traduit à la fois la rentabilité de l’établissement et la volonté du groupe de valoriser sa filiale camerounaise.
L’actionnariat de la banque reste dominé par BGFI Holding Corporation, qui contrôle 70,69 % du capital. L’État du Cameroun détient 20 %, tandis que les actionnaires privés locaux en possèdent 9,31 %, selon les dernières données disponibles.
Au-delà de la progression du dividende, un autre élément mérite l’attention : cette distribution intervient dans un contexte de forte augmentation de capital. À l’issue de son conseil d’administration du 27 février 2026, BGFIBank Cameroun a validé le relèvement de son capital social de 20 à 50 milliards de FCFA, soit une hausse de 150 %. Dans sa communication officielle, la banque y voit « la confiance renouvelée du Groupe dans le potentiel de croissance du Cameroun » et sa volonté « d’accompagner le développement ambitieux de la filiale ».
Pour un lecteur économique, le signal est double. D’un côté, la banque rémunère davantage ses actionnaires grâce à la progression de ses profits. De l’autre, elle renforce fortement ses fonds propres pour soutenir sa croissance. Cette combinaison traduit une phase d’expansion, mais elle appelle aussi une lecture prudente : la capacité à distribuer fortement tout en finançant l’élargissement du bilan et du réseau devra être suivie de près.
Jusqu’ici portée surtout par le segment corporate, BGFIBank Cameroun cherche désormais à consolider sa présence sur la banque de détail, c’est-à-dire la collecte de l’épargne, les moyens de paiement et le crédit aux particuliers, aux petites entreprises et aux professions libérales. Ce repositionnement élargit sa base commerciale et peut soutenir la croissance récurrente des dépôts et des revenus, dans un marché bancaire camerounais où la densification du réseau et l’accès aux services restent des enjeux importants.
Présente au Cameroun depuis une quinzaine d’années, la filiale s’est progressivement imposée parmi les entités importantes du groupe en Afrique centrale. Dans un entretien accordé à Investir au Cameroun, le PDG du groupe, Henri-Claude Oyima, présente d’ailleurs le Cameroun comme « l’un de nos principaux pôles de croissance ». Il affirme vouloir positionner la banque « parmi les premières institutions financières du pays » et en faire « un partenaire clé de l’État » ainsi qu’un acteur de référence pour les entreprises et les particuliers.
Reste qu’au-delà du discours de croissance, les chiffres de 2025 posent une question de fond : BGFIBank Cameroun entre-t-elle dans une nouvelle phase de montée en puissance, ou cherche-t-elle d’abord à afficher une solidité financière et une capacité de rendement pour conforter sa place sur le marché ? La hausse du dividende, le relèvement du capital et l’accent mis sur la banque de détail dessinent en tout cas une stratégie plus offensive, à suivre dans les prochains exercices.




