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Au Gabon, l’agence Fitch met en garde sur le coût du budget révisé 2026

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Promulgué le 21 juillet, le collectif budgétaire sabre l’enthousiasme initial : les recettes attendues chutent de 23 %, tandis que les dépenses d’investissement connaissent une coupe drastique de 45 %. Si l’agence de notation salue un cadrage plus crédible, l’effort reste insuffisant pour éponger le gouffre financier.

Pourtant, la priorité accordée aux infrastructures demeure nette. Les investissements publics sont projetés à 8,5 % du PIB, un niveau bien supérieur à la moyenne de 2,7 % observée entre 2020 et 2024. Mais sur le terrain, la machine grippe : à peine 23 % des crédits révisés ont été consommés au premier semestre, souligne Direct Infos. Ce retard d’exécution paradoxal pourrait, in fine, contenir le déficit sous le seuil critique des 6,7 %.

La spirale d’un endettement coûteux

Pour combler son besoin de financement, le Gabon s’en remet massivement aux marchés extérieurs commerciaux. Entre un prêt de 1 milliard de dollars négocié auprès de Trafigura et 1,5 milliard d’émissions d’euro-obligations, la facture s’annonce salée. Dernier signal d’alarme : le placement privé de 920 millions de dollars bouclé en juillet, assorti d’un rendement exigé par les investisseurs d’environ 12,6 %.

Cette dépendance à une dette coûteuse intervient au pire moment. Le pays doit faire face à d’importantes échéances intérieures, représentant 11,6 % du PIB en 2026, alors même que ses marges de manœuvre sur le marché régional de la CEMAC s’amenuisent de jour en jour.

L’ombre du FMI et l’épreuve des arriérés

Au centre du jeu se trouve la question brûlante des arriérés, estimés à 761 millions de dollars à la fin de l’année. L’exécutif compte bien consacrer la moitié des fonds levés en juillet pour honorer une partie de ses dettes extérieures.

Pour Fitch, la clé du retour en grâce réside dans l’audit de la dette publique. Cet examen méticuleux sera le préalable indispensable pour clarifier le passif réel de l’État et convaincre le FMI de négocier un nouvel accord. Le gouvernement se retrouve désormais au pied du mur : financer son développement sans étouffer l’économie sous une dette insurmontable.

Rédaction
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