(BFI) – Le financement bancaire de l’économie camerounaise a poursuivi sa progression en 2025. Selon les données du comité de politique monétaire compilées dans les « Principaux indicateurs économiques, monétaires et financiers de la Cemac » publiés par la banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), les crédits à l’économie ont atteint 6 892,6 milliards de Fcfa à fin décembre 2025, contre 6 299,8 milliards de Fcfa en 2024. En valeur absolue, l’encours progresse ainsi de près 593 milliards de Fcfa sur un an, soit une hausse de 9,4%.
Cette évolution place le crédit bancaire parmi les principaux moteurs de l’expansion monétaire observée au Cameroun en 2025. Les statistiques de la BEAC indiquent, en effet, que les crédits à l’économie ont contribué à haute de 6,5 points de pourcentage la croissance de la masse monétaire M2, laquelle s’est établie à 13,8% sur l’année.
Dans son tableau consacré aux agrégats monétaires, la banque centrale rappelle que « les crédits à l’économie représente les prêts accordés aux entreprises, aux ménages et aux activités productives ». Elle souligne également que « le système bancaire a continué d’augmenter ses financements malgré un environnement monétaire encore prudent ». Les données publiées font ainsi ressortir une progression continue des encours au fil des mois. Ceuxmci sont passé de 6 116,3 milliards de Fcfa en janvier à 6 791,8 milliards de Fcfa en novembre, avant d’atteindre 6 892,2 milliards de Fcfa en décembre.
Cette dynamique a principalement été porté par les financements de court terme, utilisés notamment pour les besoins de trésorerie des entreprises, le commerce et les importations. Selon les chiffres du comité de politique monétaire, ces crédits sont passés de 3 559,7 milliards de Fcfa à fin 2024 à 3 816,9 milliards de Fcfa un an plus tard. Ils représentent ainsi plus de la moitié des concours accordés à l’économie camerounaise.
Les crédits à moyen terme, généralement orientés vers l’investissement productif et le financement des équipements, affichent eux aussi une progression notable. Leur encours ressort à 2 797,1 milliards de Fcfa à fin décembre 2025, contre 2 530,8 milliards de Fcfa un an auparavant. La BEAC note d’ailleurs que « la croissance devient plus forte au second trimestre », une évolution interprétée comme le signe d’« une reprise progressive de l’investissement privé ».
Les financements à long terme demeurent encore limités dans la structure globale du crédit bancaire mais enregistrent la progression la plus rapide. Leur encours est passé de 210,2 milliards de Fcfa à 278,1 milliards de Fcfa entre décembre 2024 et décembre 2025, soit une hausse annuelle de 32,3%. Selon les données de la banque centrale, « ce segment connait la plus forte progression », ce qui traduit « un allongement progressif des maturités de crédit ».
Une expansion monétaire alimentée par le crédit et les réserves extérieurs
L’accélération du crédit intervient dans un contexte plus large d’augmentation des liquidités dans l’économie camerounaise. La masse monétaire a atteint 10 356,9 milliards de Fcfa à fin décembre 2025, contre 9 104,9 milliards de Fcfa un an auparavant. En douze mois, l’économie camerounaise a ainsi absorbé plus de 1 250 milliards de Fcfa de liquidités supplémentaires. Les statistiques du comité de politique monétaire montrent que cette expansion repose principalement sur deux leviers : d’une part, la hausse des crédits bancaires et d’autres part, l’amélioration des avoirs extérieurs nets du système bancaire. Ces derniers sont passés de 2785,5 milliards de Fcfa à 3 395,3 milliards de Fcfa sur la période, soit une progression de 21,9%. La structure de la masse monétaire confirme, par ailleurs, la place encore importante du cash dans l’économie camerounaise. La monnaie fiduciaire a atteint 2 256 milliards de Fcfa à fin 2025 contre 2 053,6 milliards de Fcfa un an plus tôt. Dans le même temps, la monnaie scripturale est passée de 4 256,7 milliards de Fcfa à 4 933,5 milliards de Fcfa, tandis que la quasi-monnaie – qui regroupe notamment les dépôts d’épargne et les placements à terme – s’établie à 3 167,3 milliards de Fcfa.




