(BFI) – Camtel, l’opérateur public camerounais des télécommunications, explore de nouvelles voies pour renforcer la connectivité nationale. Après avoir largement investi dans une fibre optique, l’entreprise se tourner désormais vers une solution satellitaire.
Selon un communiqué publié par l’entreprise, la directrice générale, Judith Yah Sunday,a rencontré le 8 avril 2026 à Yaoundé une délégation d’Avanti Communications conduite par son directeur général, Kyle Whitehill. « Dans le cadre de sa démarche continue d’innovation et de veille technologique, Camtel a accueilli (…) une délégation de haut niveau. Cette rencontre a permis d’ouvrir des échanges autour des pistes concrètes de collaboration, notamment dans le domaine des solutions satellitaires » indique le document.
L’opérateur précise par ailleurs les orientations techniques envisagées, « l’ambition est de compléter l’infrastructure fibre existante afin de construire un réseau plus résilient, inclusif et performant ». Cette approche marque une évolution dans la stratégie de développement du réseau, jusque-là centré sur la fibre optique. En effet, si cette dernière constitue la colonne vertébrale du haut débit, son déploiement reste contraint par des coûts d’investissement et les contraintes géographiques. Camtel insiste ainsi sur la complémentarité des technologies : « un réseau performant repose sur l’articulation des solutions. Si la fibre optique constitue le socle des infrastructures à haut débit, les solutions satellitaires permettent de franchir les contraintes géographiques et d’assurer une couverture plus étendue du territoire. L’enjeu n’est donc pas d’opposer les technologies, mais de les articuler de manière cohérente afin de garantir un accès équitable et durable aux services numériques ».
C’est précisément sur ce modèle que repose Avanti Communications. L’entreprise britannique exploite une flotte de satellites de la série HYLAS et commercialise de la capacité auprès des opérateurs télécoms, d’Etats et d’acteurs institutionnels. Elle ne construit pas de satellites pour ses partenaires mais agit comme fournisseurs d’infrastructures, en vendant de la bande passante et en accompagnant le déploiement de stations au sol.
Dans le cas du Cameroun, l’option à l’étude ne consiste donc pas à lancer un satellite national, mais plutôt à acquérir la capacité satellitaire afin de couvrir les zones non desservies par les réseaux terrestres. Cette approche permet d’accélérer l’extension de la couverture sans supporter les coûts et les délais liés à la mise en orbite d’un satellite. Le recours au satellite s’impose progressivement comme une solution privilégiée dans plusieurs pays d’Afrique centrale confronté à des contraintes similaires d’accès et de couverture. Au Tchad, les autorités ont ainsi signé, fin janvier, un accord avec Azercosmos portant sur les services satellitaires, la gestion du spectre le développement d’infrastructures au sol. Le partenariat inclus également des volets liés à la télédétection et à la formation. En RDC, le gouvernement a opté pour une approche différente en confiant à Unicom Airnet la mise en œuvre de son premier satellite national.




