Akinwumi Adesina soutenu par un collège d’anciens présidents

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(BFI) – Dans une déclaration commune datée du vendredi 29 mai 2020, 11 anciens présidents africains apportent leur soutien à Akinwumi Adesina, président de la Banque Africaine de Developpement (BAD), au centre d’une affaire dite des lanceurs d’alertes qui paralyse l’institution dans ce qui est considérée comme la plus grande crise interne depuis 25 ans.

Qui sont donc ces 11 présidents ? Il s’agit de Olusegun Obasanjo, président du Nigeria de 1999 à 2007, de Boni Yayi, président du Bénin de 2006 à 2016, de Hailemariam Desalegn, premier ministre d’Ethiopie, de 2012 à 2018, de John Kiffour, président du Ghana, de 2001 à 2009. du Prix Nobel de la Paix Ellen Johnson Sirleaf, ancienne présidente du Liberia, de 2006 à 2018, de Joyce Banda, ancienne présidente du Malawi, de 2012 à 2014, du Prix Mo-Ibrahim 2007 Joaquim Chissano, ancien président du Mozambique de 1986 à 2005, de Tandja Mamadou, ancien président du Niger, de 1999 à 2010, de Goodluck Jonathan, ancien président du Nigeria, de 2010 à 2015, de Mohamed Marzouki, président de la Tunisie de 2011 à 2014 et de Benjamin Mkapa, président de la Tanzanie de 1999 à 2005.

En plus du groupe des 11, d’autres anciens présidents ont “endossé” le contenu du document. Il s’agit de Ameenah Gurib-Fakin, président de Maurice de 2015 à 2018, Rupiah Banda de la Zambie (2008-2011), Kgalema Motlanthe, président de l’Afrique du Sud (de 2008 à 2009) et de Jakaya Kikwete, président de la Tanzanie de 2005 à 2015.

Dans leur déclaration, les anciens présidents appellent à une nécessaire union du fait de la pandémie: “l’Afrique est confrontée à un défi sans précédent avec le COVID-19 et toutes les efforts doivent être joints pour lutter contre la pandémie”. Avant de louer longuement le bilan du président Akinwumi Adesina, qui a fait “un travail remarquable à la tête de l’institution”.

La Banque a annoncé une facilité de réponse à la pandémie covid-19 de 10 milliards de dollars pour soutenir les pays africains. La Banque a également lancé avec succès une obligation sociale «Fight COVID-19» de 3 milliards de dollars, un record mondial”, égrène la missive des anciens présidents. “Grâce à sa vision et à son leadership, les actionnaires de la Banque de 80 pays ont tous approuvé une augmentation de capital générale de 115 milliards de dollars pour la Banque, la plus importante de son histoire depuis sa création en 1964”, renchérit le groupe des 11, sensible à l’approche genre initié Avenue Jean Paul II à Abidjan. “La Banque a fait beaucoup pour les femmes, avec un Fonds de 3 milliards de dollars pour fournir un accès au financement aux femmes, soutenu par les pays du G7 et l’Afrique”.

Pour les anciens présidents, la politique des 5 grandes priorités (High Five) du président Adesina a impacté 333 millions de personnes à travers l’Afrique. Puis, de venir à la situation actuelle au sein de la banque, marquée par une crise majeure surgie suite aux dénonciations des lanceurs d’alerte suivie d’une demande d’une enquête indépendante de la part de Washington.

Dr Adesina, que certains lanceurs d’alerte accusent d’avoir violé le Code d’éthique des banques, a fermement et systématiquement déclaré son innocence à ces allégations. Le comité d’éthique du conseil d’administration, un organe de surveillance juridique de la Banque, composé de représentants des actionnaires, a blanchi le Dr Adesina de l’ensemble des 16 allégations, les déclarant sans fondement et l’exonérant complètement. Le président du conseil des gouverneurs, sur la base du rapport du comité d’éthique, a déclaré que Dr Adesina est exonéré. Nous comprenons que la Banque a pleinement respecté ses règles, procédures et systèmes de gouvernance, qui lui ont bien servi depuis que les pays africains l’ont créée en 1964”, poursuit le groupe des 11 dont les points de vue sont aux antipodes des exigences d’une enquête indépendante et transparente de la part des Etats-Unis.

Aux yeux des anciens chefs d’Etat africains, exiger une enquête indépendante reviendrait à “violer” les règles et procédures de la banque. “La gouvernance consiste à respecter les règles, les lois et les systèmes de gouvernance établis des organisations. Dans le cas de la BAD, bien que des différences puissent exister entre les parties, la meilleure façon de les résoudre est de respecter d’abord les règles, procédures et structures de gouvernance de la Banque. Agir autrement reviendrait à saper la Banque et sa réputation longtemps et durement gagnée, ainsi que celle de son président”.

En clair, la lettre du secrétaire d’Etat américain au Trésor, deuxième actionnaire de la BAD et premier contributeur du fonds FAD (étrangement muet depuis l’annonce de la pandémie) sonne comme une ingérence aux yeux des anciens présidents. “Aucune nation, quelle que soit sa puissance, n’a un droit de veto sur la Banque africaine de développement, et aucune nation ne devrait avoir un tel pouvoir”.

Un contexte tendu

Au centre d’une série d’accusations de la part d’un groupe de lanceurs d’alertes, le nigérian Akinwumi Adesina, seul candidat à sa réélection, se voit confrontée à une pression grandissante des Etats-Unis, soutenue par la quasi-totalité des membres non régionaux, appelant à une enquête indépendante.

Blanchi par le comité d’éthique, Akinwumi Adesina reste suspendu à la fameuse enquête indépendante, actuellement objet de tracasseries quant au périmètres, timing, formes et modalités. Pour sûr, la Banque Africaine de Développement ne peut pas se payer une crise institutionnelle et aura besoin de cohésion afin que les guichets FAD et central puissent répondre aux sollicitations des Etats membres.

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