(BFI) – Le Cameroun et le Royaume-Uni ont arrêté les dates du 30 novembre au 4 décembre 2026 pour une mission commerciale et d’investissement à Londres, visant à obtenir des financements, des technologies et des partenariats industriels britanniques. Ces dates ont été confirmées lors d’entretiens tenus à Yaoundé, le 2 novembre, entre le ministre camerounais du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, et le haut-commissaire britannique, Matthew David Woods.
Selon le ministère du Commerce, cette rencontre a permis de faire le point sur les préparatifs et le programme de la mission à venir. La délégation comprendra des représentants des administrations publiques camerounaises, des entreprises publiques et privées, des associations patronales, des groupements d’intérêt économique et des organisations professionnelles, tous en quête de partenaires britanniques pour leurs projets. Les domaines de coopération visés incluent le financement, la technologie, l’expertise technique, ainsi que les partenariats commerciaux et industriels.
L’organisation de cette mission a été évoquée publiquement pour la première fois en septembre ; le ministère avait alors identifié plusieurs secteurs propices à des partenariats, notamment l’énergie, les infrastructures, l’agriculture, l’agro-industrie, les biens de consommation et le secteur manufacturier. La réunion du 2 novembre a permis de confirmer le calendrier de cinq jours et de passer en revue les préparatifs de la visite.
Les échanges commerciaux bilatéraux tombent à 185 milliards de Fcfa
Les échanges commerciaux entre le Cameroun et le Royaume-Uni ont enregistré une baisse marquée. Selon une fiche d’information sur le commerce et l’investissement publiée par le gouvernement britannique le 31 juillet, les échanges bilatéraux ont chuté de 32 % — soit 114 millions de livres sterling — pour atteindre 242 millions de livres sterling (environ 185 milliards de Fcfa) sur la période de 12 mois s’achevant en mars 2026. Les importations britanniques en provenance du Cameroun ont reculé de 36 % pour s’établir à 155 millions de livres sterling, tandis que les exportations britanniques vers le Cameroun ont diminué de 23,7 %, à 87 millions de livres sterling. Le commerce des marchandises a chuté de 48,9 % pour atteindre 116 millions de livres sterling, alors que le commerce des services a enregistré une baisse plus modérée de 2,3 %, à 126 millions de livres sterling.
Ce repli s’explique en grande partie par une demande britannique plus faible pour les matières premières camerounaises. Les importations britanniques de pétrole brut camerounais ont plongé de 67,4 % pour atteindre 37,2 millions de livres sterling, tandis que les achats de bois et de liège ont reculé de 18,1 %, à 20,9 millions de livres sterling. Les importations de fruits et légumes ont, en revanche, augmenté de 37 % pour atteindre 22,8 millions de livres sterling, selon les mêmes chiffres.
Les investissements britanniques ont suivi une tendance différente. Le stock d’investissements directs étrangers (IDE) du Royaume-Uni au Cameroun s’élevait à 98 millions de livres sterling (environ 75 milliards de Fcfa) fin 2024, soit une hausse de 10,1 % par rapport à l’année précédente. Ce montant correspond à la valeur cumulée des investissements directs britanniques au Cameroun, et non à de nouveaux engagements liés à la mission à venir. Les deux pays effectuent leurs échanges dans le cadre d’un accord de partenariat économique, signé en mars 2021 et entré en vigueur le 9 juillet de la même année. Cet accord permet aux exportations camerounaises éligibles d’accéder au marché britannique en franchise de droits et sans contingentement, tandis que le Cameroun réduit progressivement les droits de douane sur certains produits importés du Royaume-Uni.
Les autorités camerounaises espèrent que la mission à Londres permettra de renforcer les liens commerciaux, d’attirer des investissements et de soutenir les industries locales de transformation. Aucun engagement d’investissement ni montant de financement n’a été communiqué à l’issue de la réunion du 2 novembre.
Cédric Boyomo




