(BFI) – L’entreprise publique Electricity Development Corporation (EDC) au Cameroun a officialisé l’augmentation de son capital social, qui est porté de 15 milliards à environ 25,3 milliards de FCFA (précisément 25,29 milliards de FCFA). L’opération a été réalisée par incorporation de créances / anciens financements / subventions de l’État actionnaire unique, permettant de restructurer le bilan et d’assainir le passif de l’entreprise.
L’augmentation représente un apport de 10,29 milliards de FCFA. Le capital précédent s’élevait à 15 milliards de FCFA. Contrairement à un apport de capitaux frais, cette hausse s’est opérée par la conversion de créances et l’incorporation d’anciens financements / subventions d’investissement octroyés par l’État du Cameroun, qui demeure l’actionnaire unique.
Cette restructuration comptable assainit le passif du gestionnaire des actifs hydroélectriques du pays. Elle permet de renforcer ses capitaux propres (qui atteignent désormais 69,90 milliards de FCFA) pour stabiliser sa structure financière face à d’importantes turbulences opérationnelles et fiscales.
L’opération figurait dans le bilan d’EDC au 31 décembre 2025, rendu public le 30 juin 2026 par la Direction générale du budget. Le capital social y atteint 25,289 milliards de FCFA, contre 15 milliards un an auparavant.
Le rapprochement des comptes fait toutefois apparaître une étape intermédiaire. À fin 2023, les 10,289 milliards figuraient encore parmi les subventions d’investissement. Dans les données comparatives de 2024 publiées avec le bilan 2025, cette rubrique affiche un solde nul, tandis que le capital social demeure à 15 milliards de FCFA. Ce n’est qu’en 2025 que le montant apparaît dans le capital.
L’annonce légale d’octobre 2026 précise la forme juridique retenue pour l’opération, à savoir une conversion de créances. Les comptes antérieurs indiquent pour leur part que les ressources avaient initialement été comptabilisées comme subvention. Les documents financiers rendus publics ne détaillent pas le passage d’une classification à l’autre.
La distinction est également importante pour apprécier l’effet de cette augmentation sur les finances d’EDC. L’incorporation de ressources déjà versées par l’État n’apporte pas, à elle seule, de liquidités supplémentaires à l’entreprise.
Le tableau des flux de trésorerie de 2025 présente pourtant les 10,289 milliards de FCFA sous la rubrique « augmentation de capital par apports nouveaux ». Le même document enregistre, dans sa colonne relative à 2024, un montant négatif de 10,289 milliards de FCFA à la ligne des subventions d’investissement reçues. Ces inscriptions appellent un rapprochement avec les écritures ayant permis la conversion.
À fin 2025, la trésorerie nette d’EDC s’établissait à seulement 81,3 millions de FCFA, contre 736,6 millions au début de l’exercice, selon les comptes publiés par la Direction générale du budget. La hausse de 68,6 % du capital social ne s’est donc pas accompagnée d’un encaissement supplémentaire équivalent aux 10,289 milliards de FCFA incorporés au capital.




