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La CEA réunit l’Afrique centrale autour des réformes prioritaires pour accélérer la diversification économique

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Placée sous le thème « Accélérer la mise en œuvre des réformes prioritaires pour dynamiser le secteur privé à mi-parcours de la Décennie de la diversification en Afrique centrale (2021–2030) », cette session examinera les conditions permettant de renforcer l’efficacité des réformes engagées, de lever les principaux obstacles au développement des entreprises et de mieux mobiliser le secteur privé au service de la transformation productive de la sous-région. Le CIE constitue à cet égard un cadre statutaire de dialogue et d’orientation sur les principaux enjeux devant favoriser la libération du potentiel du secteur privé.

A l’évaluation, un paradoxe est saisissant ! Les Etats d’Afrique centrale ont engagé depuis 2017 suite à l’effondrement des prix des produits pétroliers, une dynamique réelle de réformes de l’écosystème économique. Toutefois, la mise en œuvre de ces réformes progresse plus lentement que leur adoption et leurs effets restent encore insuffisants sur les entreprises.

Des progrès ont été enregistrés dans la simplification administrative, la digitalisation des services publics, la modernisation des administrations fiscales et le renforcement des cadres juridiques. Cependant, les entreprises continuent de rencontrer des obstacles importants : complexité réglementaire, coûts de conformité, insuffisances de la sécurité juridique, déficit d’infrastructures productives, accès limité au financement, insuffisance des compétences et de l’innovation, fragmentation des marchés et faiblesse de la coordination entre acteurs publics et privés.

Le Bureau sous-régional pour l’Afrique centrale de la CEA a préparé une étude sur le sujet que les participants au CIE 2026 examineront. Dans ce rapport, un des indicateurs révélant l’écart persistant entre les réformes adoptées et leur mise en œuvre effective réside dans le fait que dans plusieurs pays, les dispositifs de suivi mesurent encore davantage les textes adoptés que les résultats effectivement obtenus par les entreprises. Autre indicateur, le financement. En 2025, à l’exception du Burundi, aucun pays de la CEEAC ne dépassait 20 % du PIB en matière de crédit au secteur privé, alors que la moyenne mondiale atteignait 140,3 % en 2025. Ce déficit de financement pénalise particulièrement les PME, qui ont besoin de financements de moyen et long terme pour moderniser leurs équipements, adopter de nouvelles technologies et accéder aux marchés régionaux. Troisième indicateur, les capacités productives. Entre 2017 et 2025, la part de la valeur ajoutée manufacturière dans le PIB a progressé dans certains pays, mais a diminué dans plusieurs autres. Aucun pays de la sous-région n’atteint les niveaux observés en Malaisie ou en Thaïlande, tandis que la part de l’emploi manufacturier est restée stable ou a reculé dans plusieurs économies.

« Cette session du CIE vise à accompagner nos Etats à prioriser les réformes nécessaires et surtout renforcer leur exécution, leur coordination, suivi et appropriation par le secteur privé. En effet, dans un environnement plus prévisible et plus incitatif, les entreprises peuvent accroître l’investissement productif, transformer localement les ressources naturelles, développer l’innovation, créer des emplois, renforcer les chaînes de valeur régionales et tirer parti des opportunités de la ZLECAf » indique Jean Luc Mastaki, Directeur du Bureau sous-régional pour l’Afrique centrale de la CEA.

L’enjeu des réformes dépasse largement la simplification administrative ou l’amélioration des indicateurs de l’environnement des entreprises. Il concerne directement la capacité de l’Afrique centrale à créer davantage de valeur localement, à réduire sa vulnérabilité extérieure et à générer des emplois productifs. Le CIE examinera donc également les moyens de renforcer le dialogue public-privé, de mieux coordonner les politiques nationales et régionales et de développer une approche fondée sur les projets bancables, notamment pour les infrastructures productives et les corridors régionaux stratégiques.

« Sur base des évidences, nous allons réfléchir avec nos Etats, nos CER, le secteur privé ainsi que d’autres experts sur comment créer les conditions permettant aux entreprises d’investir davantage, de produire davantage, de créer davantage d’emplois et de prendre une part plus importante au leadership de la diversification économique de l’Afrique centrale » conclut Jean Luc Mastaki.

Rédaction
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