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La Guinée équatoriale inaugure une route à 198 milliards de Fcfa pour renforcer les échanges avec le Gabon

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Cette liaison renforce ainsi les connexions de transport entre les régions intérieures du pays et son littoral. La nouvelle route dessert la région du Centro Sur tout en constituant un segment vital du corridor plus vaste Nsok-Akurenam-Minang. Ce corridor vise à améliorer les liaisons de transport terrestre entre la Guinée équatoriale et le Gabon. Par ailleurs, il s’agit d’un projet d’intégration prioritaire dans le cadre du Programme économique régional (PER) de la CEMAC.

La Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC), l’un des principaux cofinanceurs, souligne que cette route permet de désenclaver la sous-région et de faciliter les liaisons directes entre les deux nations. Cet axe stratégique répond à des contraintes de transport majeures identifiées dans toute la région. La Banque africaine de développement (BAD) met en avant l’insuffisance des infrastructures nationales, la faiblesse des interconnexions entre les réseaux nationaux et l’isolement de zones portuaires clés. De plus, le réseau routier assure près de 80 % du transport de passagers et environ 90 % du transport de marchandises au sein de la communauté économique.

Un corridor conçu pour fluidifier les flux commerciaux régionaux

Le corridor Nsok-Akurenam-Minang vise à accroître le volume des échanges bilatéraux entre la Guinée équatoriale et le Gabon. Parallèlement, cet axe permet de réduire les temps de transit et les coûts de transport transfrontaliers. Les promoteurs du projet cherchent également à créer des conditions d’investissement favorables pour un pôle industrialo-portuaire dans la zone d’influence du corridor. Toutefois, pour que cette liaison produise tous ses effets économiques, il est nécessaire qu’elle se prolonge sans rupture au-delà de la frontière équato-guinéenne. Le Gabon prévoit de réaliser le projet routier Kougouleu-Medouneu-Akurenam (168 km) afin de prolonger cette liaison régionale de son côté de la frontière.

Par ailleurs, les plans d’intégration de la CEMAC prévoient une zone économique spéciale et un port sec afin d’organiser la logistique du fret et de soutenir les échanges avec les pays voisins. Ces investissements coordonnés renforcent ainsi la dynamique de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui vise à stimuler le commerce intra-africain.

La mise en service du tronçon Akurenam-Kogo constitue une étape initiale cruciale pour le transit régional. Toutefois, l’impact économique final de ce corridor dépend de l’avancement parallèle des infrastructures situées au-delà des frontières, notamment sur le territoire gabonais. En outre, la réussite du projet nécessite une simplification des procédures douanières, la mise en place de plateformes logistiques dédiées et l’établissement de liaisons physiques directes avec les principaux pôles portuaires. Sans ces conditions complémentaires, la modernisation des infrastructures routières ne se traduira pas automatiquement par une croissance soutenue des échanges ni par une réduction durable des coûts de transport de marchandises.

Antoine Mboussi

Rédaction
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