(BFI) – L’immeuble du Djeuga Palace de Douala a officiellement été mis aux enchères publiques par l’État du Cameroun le 9 septembre 2026. La mise à prix de départ est fixée à 5,5 milliards de Fcfa, dans le cadre d’une procédure menée par le Cabinet Conseil Atou, mandataire de la liquidation des actifs de l’ex-Regifercam. Cette vente découle d’un litige foncier concernant une occupation de 1,07 hectare au lieu des 5 972 mètres carrés concédés, menant à l’annulation de la concession par arrêté ministériel dans un contexte de tensions juridiques.
C’est la fin d’un feuilleton qui aura tenu en haleine les milieux d’affaires et politiques camerounais pendant dix-sept ans. L’immeuble Djeuga Palace, fleuron hôtelier de Douala implanté en plein coeur de Bonanjo, vient d’être mis aux enchères par l’État au prix de 5,5 milliards de Fcfa. Une décision qui intervient après des mois de tension, une sommation de libérer les lieux sous 48 heures, et une annulation du titre foncier qui avait valu au propriétaire des lieux, le député Jean-Claude Feutheu, le surnom de « Claude le Parisien ».
Mais au-delà d’une simple vente aux enchères, c’est tout un symbole : l’État camerounais reprend possession d’un patrimoine ferroviaire stratégique, estimé à près de 10 milliards de FCFA, et envoie un signal fort aux spoliateurs présumés du domaine public.
Au-delà du cas Djeuga Palace, cette affaire pose une question de fond sur l’échiquier politique et économique camerounais : l’État est-il enfin décidé à récupérer ses biens spoliés, quitte à faire tomber des icônes des affaires ?
Pour les uns, cette vente aux enchères est un signal fort envoyé à tous ceux qui auraient profité de zones grises pour s’approprier le domaine public. Pour les autres, elle illustre les risques d’un investissement lourd lorsque la régularité de son assiette foncière est contestée.
Le feuilleton judiciaire n’est peut-être pas totalement clos : Jean-Claude Feutheu dispose encore de recours. Mais une chose est sûre : le Djeuga Palace, fleuron hôtelier de Douala, vient de changer de main. Et l’État camerounais, après dix-sept ans de bataille, a remporté une manche décisive.
Christian Trésor Adong




