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Au Cameroun, Aeternum propose 5,45 milliards Fcfa pour contrôler ARM dans le projet de cobalt de Nkamouna

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L’accord initial, signé le 29 décembre 2025, prévoit que 9 millions de dollars, environ 4,9 milliards de FCFA, financeront les études techniques, les essais métallurgiques et l’ingénierie de conception. Le million restant, soit près de 545 millions de FCFA, doit rembourser des dépenses de développement engagées antérieurement.

Le montage reste toutefois conditionné à plusieurs préalables. ARM doit obtenir un nouveau permis minier sur Nkamouna, exempt de toute charge antérieure. L’opération suppose aussi un possible appui financier du gouvernement américain, des vérifications préalables satisfaisantes et certains avis juridiques. Faute de finalisation au 31 décembre 2026, l’accord pourra être résilié.

Dans un communiqué diffusé le 7 août, Aeternum indique qu’ARM discute avec le ministère chargé des Mines et la Société nationale des mines (Sonamines) en vue d’obtenir un titre « libre de toute charge antérieure ». Aucune décision publique n’a pour l’heure été prise par les autorités camerounaises. Le contexte administratif est chargé. L’ancien permis d’exploitation, détenu depuis 2003 par Geovic Cameroon, a été retiré par décret présidentiel le 12 février 2025, avant que le périmètre ne soit rétrocédé à la Sonamines.

Le même 7 août, Aeternum a acquis auprès de Manaslu LLC une option lui permettant de prendre le contrôle d’ARM. Les documents contractuels déposés à la SEC mentionnent 50,1 %, contre 51 % dans le communiqué publié le même jour, écart non explicité. En contrepartie, Aeternum s’engage à remettre à Manaslu 50 millions d’actions ordinaires et 2 millions d’actions préférentielles de série B, chacune assortie d’un pouvoir de vote équivalent à quarante voix. Autrement dit, la prise de contrôle n’est encore ni effective, ni juridiquement acquise.

La solidité financière du repreneur suscite des interrogations. À fin juin 2026, Aeternum ne disposait que de 702 809 dollars en caisse, soit moins de 400 millions de FCFA. La société admet elle-même, dans ses états financiers, que la conduite de ses projets, y compris l’investissement dans ARM, exigera des levées complémentaires. Elle évoque des incertitudes sur sa capacité à poursuivre normalement son activité sans ressources additionnelles.

L’enveloppe promise paraît par ailleurs modeste au regard des besoins historiques de Nkamouna. Une ancienne étude de faisabilité chiffrait l’investissement initial à 617 millions de dollars, soit environ 336 milliards de FCFA au cours du 19 août 2026. Cette évaluation est cependant datée, et la Sonamines réclame précisément son actualisation.

Le 18 août 2026, onze jours après l’annonce d’Aeternum, la Sonamines a déclaré infructueuse la procédure internationale ouverte en janvier pour choisir des partenaires technico-financiers sur Nkamouna. Aucune candidature n’a satisfait aux critères. La société publique se dit ouverte à des discussions de gré à gré avec des investisseurs disposant des capacités techniques et financières requises. La liste des soumissionnaires n’a pas été rendue publique, si bien qu’il n’est pas possible d’établir si ARM ou Aeternum figuraient parmi les candidats écartés.

Le cahier des charges imposait notamment de démontrer une capacité de financement, de réévaluer les ressources et d’actualiser l’étude de faisabilité ainsi que l’étude d’impact environnemental et social. ARM détient déjà une partie des données. Un accord signé en janvier 2026 avec Geovic Ltd lui donne accès à la base géologique, aux études antérieures, aux essais métallurgiques et aux travaux environnementaux. Aeternum affirme par ailleurs que Geovic Ltd renonce à ses revendications sur Nkamouna. Or Geovic Cameroon avait contesté le retrait de son permis, et les documents publics ne permettent pas de confirmer que ce contentieux est éteint.

Sur les ressources, Aeternum cite une estimation historique de 323 millions de tonnes titrant en moyenne 0,21 % de cobalt, 0,61 % de nickel et 1,26 % de manganèse, non vérifiée selon les normes américaines actuelles. La Sonamines évoque de son côté plus de 100 millions de tonnes de réserves prouvées et probables sur Nkamouna-Mada, et environ 226 millions de tonnes de ressources in situ sur cinq sites. Si le permis est délivré, Aeternum envisage d’installer un concentrateur pour produire localement un concentré de cobalt, nickel et manganèse destiné à l’exportation.

Placide Onguéné

Rédaction
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