AccueilSecteursEconomieDangote veut susprendre ses ventes de carburant aux distributeurs nigérians importateurs

Dangote veut susprendre ses ventes de carburant aux distributeurs nigérians importateurs

-

Le différend porte sur les distributeurs qui mélangent de l’essence importée avec du carburant produit par la raffinerie Dangote avant de le vendre aux consommateurs. D’après la raffinerie, cette pratique complique le contrôle de l’origine et de la qualité du carburant vendu dans les stations-service. La source s’interroge sur le bien-fondé de cette pratique : « Pourquoi investir dans des produits de haute qualité si c’est pour les voir mélangés à des importations de qualité incertaine ? »

L’Autorité nigériane de régulation du secteur aval du pétrole (NMDPRA), chargée de la réglementation de ce secteur, avait déjà été critiquée par Dangote en novembre 2024. À l’époque, la raffinerie affirmait que l’organisme de réglementation ne disposait pas d’un laboratoire capable de détecter les produits importés non conformes. Dangote avait également accusé une société de négoce international, non identifiée, de louer un terminal de stockage voisin pour mélanger des produits importés qu’elle jugeait de qualité inférieure aux siens.

Un paradoxe révèle les failles du marché aval nigérian

Cette menace survient alors que le Nigéria traverse une transformation majeure au sein des marchés pétroliers mondiaux. D’après les données publiées fin août par l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), basées sur les chiffres de Vortexa, les exportations nigérianes de produits pétroliers par voie maritime ont atteint en moyenne 561 000 barils par jour au deuxième trimestre 2026. Ce chiffre est à comparer à une moyenne annuelle de 79 000 barils par jour en 2023.

Parallèlement, des travaux de maintenance achevés en février ont permis d’augmenter la capacité nominale de distillation de la raffinerie Dangote, la faisant passer de 650 000 à 700 000 barils par jour. Le Nigeria a exporté en moyenne 350 000 barils par jour de produits pétroliers par voie maritime au cours de ce trimestre, selon l’EIA. L’Europe en a reçu 130 000 barils par jour, tandis que les autres pays africains en ont reçu près de 120 000. Dans le même temps, les importations d’essence sur le marché intérieur nigérian ont augmenté.

Le Centre pour la promotion de l’entreprise privée (CPPE), une organisation patronale nigériane, a indiqué dans une note publiée le 30 août que les importations d’essence avaient bondi à 18,1 millions de litres par jour en juin, contre 5,9 millions de litres par jour en mai. Cette hausse représente une augmentation de 207 %. Les importations ont ensuite atteint 19,7 millions de litres par jour en juillet. Leur part dans l’approvisionnement total en essence a également progressé, passant de 12,4 % à 43,3 % en seulement deux mois.

Le CPPE a exhorté l’autorité de régulation à limiter les permis d’importation de carburant aux déficits d’approvisionnement avérés. Le débat porte désormais sur les conditions dans lesquelles le Nigéria devrait autoriser les importations d’essence, alors que la production des raffineries nationales continue d’augmenter.

Rédaction
Rédaction
Média multi-support édité par l’Agence Rhéma Service, cabinet de communication et de stratégie basé à Douala, Business & Finance International regroupe des partenaires internationaux issus du monde des médias, des affaires et de la politique, mus par la volonté de fournir une information vraie, crédible et exploitable pour un investissement sûr en Afrique.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici