(BFI) – La Côte d’Ivoire souhaite attirer des investissements chinois dans le textile et l’habillement afin d’accélérer la transformation locale du coton. Le Conseil du coton, de la noix de cajou et du karité (CCA-K) a signé un accord de partenariat avec la Chambre du textile et de l’habillement du Conseil chinois pour la promotion du commerce international (CCPIT-TEX) le mardi 25 août, en marge de l’édition 2026 du salon Intertextile Shanghai.
Selon un communiqué du CCA-K, cet accord vise à faciliter les partenariats entre les opérateurs et les investisseurs des deux pays. « Cet accord ouvre la voie à un renforcement des échanges commerciaux et technologiques, à la mobilisation d’investissements stratégiques, à la formation et au renforcement des capacités entre les deux pays dans le secteur du textile et de l’habillement », a déclaré l’organisme de réglementation. La Chine représente un partenaire industriel stratégique pour Abidjan. Premier exportateur mondial de textiles et de vêtements, le pays exploite une chaîne de valeur intégrée qui couvre la filature, le tissage, la confection et la production d’équipements industriels.
Selon les estimations de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le contenu local représentait 89,1 % des exportations chinoises de textiles et de vêtements en 2022. La Chine a également généré plus de 40 % de la valeur ajoutée intégrée aux exportations mondiales de textiles et de vêtements, soulignant ainsi le rôle des entreprises chinoises tout au long de la chaîne de valeur du secteur.
Pour la Côte d’Ivoire, qui cherche depuis plusieurs années à accroître sa capacité de transformation du coton, l’objectif va au-delà de la simple attraction de capitaux. Abidjan souhaite également que les entreprises chinoises fournissent des technologies et une expertise industrielle capables de renforcer les maillons les plus faibles de sa chaîne de valeur textile.
Des ambitions qui doivent se traduire en capacités de transformation
Le gouvernement ivoirien s’était fixé pour objectif de porter la part de la fibre de coton transformée à 40 % d’ici 2025, contre 11,49 % en 2020. Cependant, aucune évaluation officielle récente ne fournit de mesure précise du niveau atteint à l’échéance. Les dernières données sectorielles publiées par le Centre de promotion des investissements de Côte d’Ivoire (CEPICI) en 2026 montrent néanmoins que plus de 90 % du coton ivoirien quitte encore le pays à l’état brut, principalement à destination des marchés asiatiques.
Dans ce contexte, de nouveaux investissements pourraient permettre à la Côte d’Ivoire d’accroître ses capacités de transformation locales et de renforcer son tissu industriel. Selon le Portail d’information et de promotion économique de Côte d’Ivoire, les installations de filature et de tissage du pays disposent d’une capacité de production combinée de 26 000 tonnes par an. Deux entreprises spécialisées dans l’ennoblissement textile ont également une capacité combinée de 35 millions de mètres de tissu par an.
Le prochain défi d’Abidjan sera de concrétiser les partenariats recherchés en projets industriels tangibles, capables d’augmenter la part du coton transformé localement et de maintenir une plus grande valeur ajoutée au sein du pays.
Antoine Mboussi




