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ECAir renforce sa connectivité en Afrique centrale

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ECAir a repris ses vols régionaux en 2025 après une suspension d’exploitation de cinq mois, qui s’est achevée en avril 2026. La compagnie avait précédemment interrompu ses opérations en 2016 en raison de difficultés financières, suite au retrait des services de l’opérateur régional de navigation aérienne ASECNA pour cause d’impayés, ce qui avait privé ECAir du marché régional pendant plusieurs années.

Ces nouveaux services interviennent alors que la connectivité aérienne du Congo reste inférieure à son niveau d’il y a dix ans. Les données de l’IATA, basées sur les programmes de vols d’OAG, montrent que le pays comptait 32 liaisons commerciales régulières en 2025, contre 37 en 2015, soit une baisse d’environ 14 %. Le nombre de vols a néanmoins augmenté de 10 % entre 2024 et 2025, témoignant d’une récente reprise d’activité malgré un réseau global toujours plus restreint.

ECAir renforce ainsi sa capacité sur un marché qui n’a pas encore retrouvé son niveau d’activité antérieur. Ailleurs en Afrique centrale, la situation est contrastée. Le Gabon comptait 35 liaisons régulières en 2025, contre 24 en 2015, soit une hausse de 46 %. À l’inverse, la République démocratique du Congo a enregistré une baisse de 27 % sur la même période, pour atteindre 79 liaisons. Ces disparités soulignent également la difficulté de maintenir des liaisons sur des marchés plus petits et à faible volume.

Les données de l’IATA montrent que les liaisons annulées au Gabon comptaient moins de 20 000 sièges par an, tandis que 93 % des liaisons annulées en RDC étaient en dessous de ce seuil. Le volume de passagers et la rentabilité des liaisons seront donc déterminants pour la viabilité des nouveaux services d’ECAir.

Ces liaisons ne seront pas toutes sans concurrence

Des compagnies aériennes existantes desservent déjà certaines des liaisons ciblées, ce qui signifie qu’ECAir devra miser sur la compétitivité de ses tarifs, la fréquence de ses vols, sa fiabilité et ses correspondances, plutôt que de simplement créer des liaisons inexistantes. Bangui-Douala, par exemple, bénéficie déjà de vols directs assurés par plusieurs transporteurs.

Les compagnies aériennes opérant dans la région sont également confrontées à des contraintes financières plus importantes. L’IATA a recensé 1,2 milliard de dollars de fonds bloqués au niveau mondial à la fin octobre 2025, dont 93 % en Afrique et au Moyen-Orient. Les pays de la zone monétaire XAF, notamment le Congo, le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad, la Guinée équatoriale et le Gabon, figurent parmi les marchés touchés par ces restrictions de rapatriement.

L’expansion d’ECAir revêt également une dimension régionale plus large. Les six pays de la CEMAC partagent la monnaie XAF et sont soumis à une réglementation aéronautique régionale commune et à des dispositifs de surveillance de la sécurité communs. Cependant, la proximité géographique et l’intégration économique ne se sont pas traduites par un réseau aérien dense entre leurs principaux centres économiques.

Ces nouveaux services offrent à ECAir une nouvelle opportunité de reconstruire son réseau tout en testant la viabilité commerciale d’une capacité intra régionale supplémentaire.

Rédaction
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