(BFI) – Selon la Caisse autonome d’amortissement (CAA), dans sa note de conjoncture publiée le 28 juillet 2026, le service de la dette publique du Cameroun au premier semestre 2026 s’est établi à 1 059,3 milliards FCFA. Cette enveloppe aurait été principalement consacrée au remboursement du principal, les intérêts et commissions représentant le reste des paiements.
Entre janvier et juin 2026, l’administration centrale camerounaise a mobilisé un service de la dette supérieur à 1 000 milliards FCFA, avec un net recentrage sur le remboursement du principal et une montée en puissance des créanciers bilatéraux.Selon la note de conjoncture de la dette publique de la CAA arrêtée à fin juin 2026, le service de la dette enregistré au mois de juin s’est élevé à 327 milliards FCFA, dont 297,5 milliards FCFA consacrés au remboursement du principal et 29,5 milliards FCFA aux intérêts et commissions. Selon la CAA, le service de la dette publique au premier semestre 2026 a concerné à la fois la dette extérieure et la dette intérieure. Les montants détaillés ainsi que leur niveau d’exécution par rapport aux prévisions budgétaires doivent être confirmés dans la note de conjoncture arrêtée à fin juin 2026.
Un profil de service de la dette toujours plus exigeant
Les données de la CAA montrent une montée en charge rapide du service de la dette entre fin mars et fin juin : les remboursements cumulés sont passés de 445,3 milliards FCFA au 31 mars à 1 059,3 milliards FCFA au 30 juin, soit plus du double en un trimestre. Sur le seul premier trimestre 2026, la même CAA recensait déjà un service cumulé de 445,3 milliards FCFA, équivalant à 18,4 % de l’objectif annuel de remboursements de dette publique.
Cette dynamique se déploie sur un encours de dette publique qui atteignait 15 416 milliards FCFA au 31 mars 2026, en hausse de 6 % sur un an, pour un ratio d’endettement d’environ 44,3 % du PIB, en deçà du plafond de 50 % retenu dans la stratégie d’endettement à moyen terme.
Un an plus tôt, au premier semestre 2025, le service cumulé de la dette publique s’établissait à 631,3 milliards FCFA, ce qui souligne l’ampleur du saut quantitatif observé en 2026.
Les créanciers bilatéraux passent devant les institutions multilatérales
Sur le semestre, les paiements au titre de la dette extérieure se sont répartis entre les créanciers bilatéraux (41,2 %), les créanciers multilatéraux (39,5 %) et les créanciers commerciaux (19,3 %).
À fin mars 2026, les créanciers multilatéraux représentaient 52,4 % des paiements liés au service de la dette extérieure, devant les créanciers bilatéraux (25,4 %) et les créanciers commerciaux (22,2 %). La structure des paiements extérieurs reste ainsi dominée par les bailleurs multilatéraux au premier trimestre 2026.
La note de lecture de la CAA publiée fin mai relevait déjà que la montée du service de la dette reflète à la fois l’aboutissement de grands projets financés sur ressources extérieures et la poursuite des réformes engagées dans le cadre du programme avec le FMI.
Une dette intérieure sous pression mais encore dominée par les titres publics
Selon la note de conjoncture de la dette publique arrêtée à fin juin 2026, le service de la dette intérieure s’est établi à 614,8 milliards FCFA au premier semestre. La CAA détaille la répartition entre remboursement du principal, intérêts et différentes catégories de créanciers.
La CAA observait déjà, dans sa note sur le premier trimestre 2026, que le Trésor avait réglé 84,4 milliards FCFA de dette intérieure en mars, pour un total cumulé de 176,4 milliards FCFA sur les trois premiers mois, signe d’une montée en cadence des amortissements domestiques.
Parallèlement, le stock d’impayés envers les fournisseurs de biens et services atteignait 520,2 milliards FCFA au 31 mars 2026, représentant plus de la moitié des restes à payer de l’État, évalués à 1 026,3 milliards FCFA. Cette situation traduit la persistance de tensions sur la trésorerie publique.
Des besoins futurs déjà balisés dans la programmation budgétaire
Le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2027-2029 présenté au Parlement fixe un plafond de nouveaux emprunts d’environ 5 000 milliards FCFA sur la période, tandis qu’il projette un cumul de 5 057,4 milliards FCFA pour le service de la dette et le paiement des arriérés sur 2028-2029.
Au taux de change d’environ 0,001735 USD/XAF observé fin juillet 2026, le service de la dette de 1 059,3 milliards FCFA payé au premier semestre correspond à près de 1,84 milliard USD, illustrant le poids croissant de ces engagements dans l’allocation des ressources publiques.
La prochaine note de conjoncture de la CAA, attendue pour le troisième trimestre 2026, devra préciser si le rythme d’exécution observé au premier semestre reste compatible avec l’objectif de maintenir la dette publique sous le seuil de 50 % du PIB et avec le calendrier de paiement des arriérés intérieurs.



