(BFI) – Le Cameroun franchit une étape importante vers la réhabilitation de la route Ebolowa-Ambam, axe commercial stratégique reliant le sud du pays à la Guinée équatoriale, grâce à l’avancement des études techniques. Selon un communiqué publié le 15 juillet par le ministère des Travaux publics, l’entreprise HAB S.A. a intensifié les levés topographiques et géotechniques sur le tronçon compris entre le point kilométrique 0 et le point kilométrique 47+600. Ces études visent à affiner la conception technique et à identifier les solutions les plus appropriées avant le début des travaux de réhabilitation.
Le ministère précise que l’entreprise a renforcé ses opérations sur le terrain en déployant un chef de projet, des équipes topographiques et géotechniques, des techniciens de laboratoire, un spécialiste de l’environnement et du matériel spécialisé, notamment un camion d’essai de déformation, une station GPS bi-fréquence et des véhicules d’assistance supplémentaires.
Les démarches administratives sont également en cours pour obtenir l’autorisation d’exploitation de la carrière qui fournira les matériaux de construction.
Un axe commercial essentiel
La réhabilitation de cette route revêt une importance économique considérable. Le tronçon Ebolowa-Ambam, long de 92 kilomètres, fait partie de la Route Nationale n° 2, qui relie la capitale de la Région Sud du Cameroun à la frontière avec la Guinée équatoriale. Cet axe constitue une voie majeure pour le transport des produits agricoles, du bois et d’autres marchandises vers les marchés frontaliers, tout en facilitant les échanges commerciaux avec les pays membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Cependant, la dégradation progressive de la route a entraîné une hausse des coûts de transport, un allongement des temps de trajet et une augmentation des frais d’entretien des véhicules, réduisant ainsi la compétitivité des entreprises opérant dans la région. Ce projet s’inscrit dans le cadre plus large de la réhabilitation de la route Ebolowa-Ambam-Olamze.
En juin 2025, le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a lancé un appel d’offres national restreint, selon une procédure d’urgence, pour la première phase des travaux de réhabilitation. Le projet, d’un montant de 15 milliards de Fcfa, sera financé par les budgets d’investissement public du gouvernement pour 2025, 2026 et 2027. Les travaux prévus comprennent la réhabilitation de la chaussée, la réparation des nids-de-poule, la réfection des accotements et le remplacement de la signalisation routière.
Soutien à l’intégration régionale
Pour le Cameroun, la modernisation de cette route représente bien plus qu’une simple amélioration de la mobilité. Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer les corridors de transport reliant le pays à ses voisins, à un moment où les échanges commerciaux au sein de la CEMAC demeurent relativement limités. Une route plus performante devrait faciliter le commerce transfrontalier, réduire les coûts logistiques des entreprises et améliorer l’accès aux marchés pour les producteurs agricoles.
Pour les investisseurs des secteurs de l’agriculture, de la sylviculture, de la logistique et des secteurs connexes, les infrastructures de transport restent un facteur déterminant dans leurs décisions d’investissement et le développement de leurs activités.
Les études techniques en cours constituent donc bien plus qu’une simple formalité administrative. Elles permettront de déterminer le calendrier de début des travaux de ce projet, dont les retombées économiques devraient s’étendre bien au-delà du département de la Vallée de Ntem, en soutenant le développement de toute la région Sud du Cameroun et en renforçant les liens commerciaux avec la Guinée équatoriale.
Cédric Boyomo



