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Le Cameroun espère empocher près de 1 000 milliards de Fcfa grâce à cinq projets miniers en gestation et à une réforme du secteur aurifère

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Ces cinq projets phares concernent le minerai de fer, la bauxite, le marbre et l’or. Il s’agit des projets de minerai de fer de Bipindi-Grand-Zambi et de Kribi-Lobé, du projet de bauxite de Minim-Martap, du projet de marbre de Bidzar et du projet d’exploitation aurifère industrielle de Colomine. Selon le gouvernement, ces projets devraient accroître la capacité de production nationale, soutenir le développement des infrastructures et créer des milliers d’emplois directs et indirects. Ces projets s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à faire du secteur minier un moteur de diversification économique et de mobilisation des recettes publiques.

Les autorités ont également mis en lumière les perspectives d’avenir liées aux gisements de minerai de fer de Mbalam, Nkout et Ngovayang, ainsi qu’aux projets aurifères de Mborguéné, Bibemi et d’autres localités.

Le secteur minier, moteur de croissance économique

Le gouvernement a indiqué que sa politique minière est désormais axée sur l’amélioration de la traçabilité de la production, la sécurisation des recettes publiques, la protection de l’environnement et l’accroissement de la participation des opérateurs camerounais dans le secteur.

Lors de la conférence de presse, le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, a déclaré que l’exploitation minière était devenue l’un des piliers économiques les plus importants du pays et a présenté plusieurs projets en cours de réalisation. Selon le membre du gouvernement, ces cinq projets figurent parmi les initiatives les plus importantes actuellement en cours. D’autres projets miniers sont attendus cette année dans les régions de l’Est, du Sud et du Nord. Le gouvernement prévoit également de développer les minéraux critiques et les terres rares identifiés dans différentes parties du pays. « Il est inutile de rappeler que le secteur minier est aujourd’hui l’un des piliers les plus importants de notre économie. Il nous paraît donc impératif de vous informer des décisions stratégiques prises dans ce domaine », a déclaré M. Sadi.

Réforme du secteur aurifère : lutte contre les pertes de recettes

Parallèlement à cinq grands projets, le Cameroun réorganise son secteur aurifère afin de clarifier les responsabilités institutionnelles et de freiner les pertes de recettes dues à la sous-déclaration et à l’exploitation minière illégale. Dans le cadre de cette réforme, le ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (MINMIDT) continuera d’élaborer et de superviser la politique minière, de délivrer les permis, de veiller à l’application de la réglementation et de participer à la certification des exportations. Il n’achètera ni ne commercialisera plus d’or. Ces responsabilités commerciales et opérationnelles seront désormais confiées à la Société nationale des mines (SONAMINES). Cette entreprise publique assurera le suivi de la production, collectera la part de l’État dans la production et supervisera la commercialisation des minéraux précieux issus de l’exploitation artisanale et semi-mécanisée. Les autorités fiscales et douanières resteront responsables du recouvrement des recettes, des inspections des cargaisons et du respect des réglementations à l’exportation.

Selon les autorités, les écarts entre les chiffres de production, de collecte et d’exportation d’or résultent principalement de la sous-déclaration de la production par les exploitants, et non de la disparition d’or appartenant à l’État. Cette pratique a entraîné une baisse des recettes fiscales minières et des droits d’exportation. La réforme instaure donc des contrôles plus stricts sur les sites de production, des exigences minimales de livraison et un suivi plus rigoureux des procédés d’extraction de l’or, notamment des bassins de lixiviation. Ces mesures visent à fournir au gouvernement une image plus précise de la production réelle et à améliorer le recouvrement des recettes fiscales.

Des inspections ont également permis d’identifier plus de 200 entreprises exerçant leurs activités sans autorisation. Parmi celles-ci, 137 ont été déférées devant les tribunaux. Les autres opérateurs se verront offrir la possibilité de régulariser leur situation, sous réserve de sanctions et du respect des nouvelles exigences. Le gouvernement espère que cette réforme permettra d’intégrer davantage d’opérateurs au secteur formel, d’accroître la production déclarée et les recettes fiscales, de renforcer les réserves nationales d’or et de soutenir la transition d’une exploitation minière semi-mécanisée à une production industrielle.

Placide Onguéné

Rédaction
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