(BFI) – Moins de vingt-quatre heures après la collision entre deux navires sur le chenal du port de Douala-Bonabéri, le trafic maritime a repris normalement. Le Port autonome de Douala (PAD) indique que les opérations de dégagement menées dans la nuit ont permis de lever l’obstruction et de rétablir la navigation sur cette voie stratégique par laquelle transite l’essentiel du commerce extérieur du Cameroun.
L’accident s’est produit dans la nuit du samedi 11 au dimanche 12 juillet 2026, vers 3 heures, au niveau de la bouée n°20. Selon le PAD, le MV Sea Honor, qui quittait le port, est entré en collision avec le MV Black Rhino, alors en phase d’entrée dans le chenal. Si aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée, les deux navires ont subi d’importants dommages matériels, entraînant une obstruction temporaire de la voie de navigation.
Les premières constatations laissent présumer qu’une perte de contrôle de la barre du MV Black Rhino serait à l’origine de l’accident. L’autorité portuaire précise toutefois qu’une « enquête technique est en cours afin d’établir les circonstances exactes de l’accident et de déterminer les responsabilités, conformément à la réglementation applicable ».
Face au risque de perturbation durable des activités portuaires, le PAD affirme avoir activé immédiatement « une cellule de crise » et déployé « d’importants moyens nautiques afin de sécuriser la zone et de rétablir la circulation maritime dans les meilleurs délais ». Le MV Sea Honor a été remorqué vers une zone de mouillage, tandis que le MV Black Rhino a été échoué de manière contrôlée le long de l’alignement des bouées rouges afin de dégager le chenal, apprend-on. Les quinze membres de son équipage ont été évacués sans encombre. À l’issue de ces opérations, la navigation a pu reprendre dans des conditions normales de sécurité, assure le PAD.
Au-delà de cet incident, la collision rappelle le caractère stratégique du chenal du port de Douala-Bonabéri. Long d’une cinquantaine de kilomètres et entretenu en permanence par des opérations de dragage, il constitue l’unique accès maritime au principal port du Cameroun et dessert également plusieurs pays enclavés d’Afrique centrale, notamment le Tchad et la République centrafricaine (RCA). Toute interruption prolongée de son exploitation est susceptible de perturber les chaînes logistiques, les escales des navires et les échanges commerciaux de la sous-région. Cette reprise rapide du trafic permet de limiter les conséquences économiques d’un incident qui aurait pu paralyser pendant plusieurs jours l’accès au principal hub portuaire du Cameroun.



