(BFI) – En Afrique centrale, le régulateur du marché financier a retenu quatre entreprises dont les frais d’introduction en bourse seront pris en charge. L’objectif est de lever la barrière du coût, souvent jugée trop élevée, afin d’encourager davantage de sociétés de la région à s’introduire sur le marché boursier.
En prenant en charge les frais d’introduction en bourse de quatre sociétés, la CEMAC s’attaque au coût, l’un des principaux freins cités par les entreprises. Mais avec seulement trois introductions en six ans, la profondeur du marché régional reste à construire.
La décision a été rendue publique le vendredi 10 juillet dans un communiqué de l’Unité de gestion des réformes des institutions financières de la CEMAC, un service rattaché à la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). Quatre entreprises ont été retenues : l’assureur gabonais Samb’a Assurances, Gabon Power Company et Façade Maritime Champ Triomphal, deux filiales du fonds souverain gabonais FGIS actives respectivement dans l’énergie et l’aménagement urbain, ainsi que la société camerounaise Cameroon Hotel Corporation.
Pour ces entreprises, un fonds de la Banque africaine de développement (BAD), doté de 142,9 millions FCFA (249 000 dollars), prendra en charge les principaux coûts liés à l’opération, notamment la commission du régulateur, les frais d’introduction et les honoraires des conseils juridiques.
Un marché encore peu profond
Pour mesurer l’enjeu, il faut rappeler la taille encore modeste du marché. Née en 2019 de la fusion des Bourses de Douala et de Libreville, la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC), commune aux six pays de la CEMAC, ne compte encore qu’un nombre limité de sociétés cotées. Depuis cette unification, seules trois entreprises ont été introduites en Bourse : les gabonaises SCG-Ré et BGFI Holding Corporation, ainsi que l’équato-guinéenne Bange Bank, alors que dix-sept entreprises avaient été identifiées dans cinq pays. La plupart des projets sont restés sans suite. À titre de comparaison, la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), commune à huit pays d’Afrique de l’Ouest, compte 47 sociétés cotées et une capitalisation boursière environ dix fois supérieure.
Le premier appel à candidatures, lancé en juillet 2025, avait d’ailleurs échoué faute de candidats. Celui de mars 2026 a rencontré davantage d’intérêt. Les entreprises non retenues ont ainsi été invitées à retirer leur dossier sous huit jours, ce qui laisse supposer que le nombre de candidatures a dépassé les quatre places disponibles.
Le principal frein ne semble toutefois pas totalement levé. Pour le directeur général de la BVMAC, Louis Banga Ntolo, beaucoup de dirigeants hésitent encore « à soumettre leur gouvernance au regard des investisseurs ». Or, trois des quatre entreprises retenues sont à capitaux publics. Seule société privée de la sélection, Samb’a Assurances, spécialisée dans la micro-assurance, a vu son chiffre d’affaires progresser de 136 % en 2025.
Un exemple récent nourrit malgré tout l’optimisme. En mai, l’introduction en Bourse de BGFI Holding Corporation a pratiquement triplé la capitalisation du marché, portée à 1710 milliards FCFA. Le groupe doit poursuivre l’ouverture de son capital au troisième trimestre 2026. Reste à savoir si les quatre entreprises retenues mèneront, elles aussi, leur projet jusqu’à une introduction effective en Bourse.



