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5 milliards de Fcfa de SFI pour moderniser les installations portuaires de Catramp

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Concrètement, les fonds serviront à étoffer les capacités d’entreposage de catégorie A, segment qui désigne les entrepôts modernes répondant aux standards internationaux en matière de hauteur sous plafond, de sécurité incendie et de gestion informatisée. Ce type d’infrastructure reste rare en zone CEMAC, où la majorité des opérateurs composent avec des magasins anciens, peu adaptés aux flux conteneurisés et aux exigences des chargeurs internationaux. La SFI escompte la création d’environ 420 emplois directs, sans préciser le calendrier de déploiement.

Les deux axes routiers qui relient le port de Douala à N’Djamena et à Bangui concentrent l’essentiel du commerce extérieur tchadien et centrafricain. Sans façade maritime, ces deux États dépendent presque exclusivement des terminaux camerounais pour leurs importations de carburants, de biens manufacturés et de denrées alimentaires. Cette captivité géographique a un coût : selon les données régulièrement citées par la Banque mondiale, les délais de transit et les surcoûts logistiques peuvent représenter jusqu’au tiers de la valeur des marchandises livrées à N’Djamena.

La modernisation des plateformes d’entreposage figure parmi les leviers les plus directs pour comprimer ces frictions. En permettant la massification des flux, le dégroupage rapide et le stockage temporaire avant acheminement vers l’hinterland, des entrepôts conformes aux standards internationaux peuvent réduire les temps morts et limiter les pertes liées aux ruptures de charge. Reste que ces gains supposent un environnement douanier, sécuritaire et routier à la hauteur, ce que les corridors centrafricain et tchadien peinent encore à offrir, notamment en raison des conditions sécuritaires dégradées sur certains tronçons.

Au-delà du financement, Catramp intègre la première cohorte camerounaise de l’Initiative des champions locaux, un programme par lequel la SFI accompagne des entreprises africaines à fort potentiel sur les volets gouvernance, structuration financière et préparation à l’investissement institutionnel. Cet appui technique vise à hisser l’opérateur camerounais aux standards exigés par les bailleurs et partenaires industriels internationaux. Pour Charlotte Ndaw, représentante résidente de l’institution pour l’Afrique centrale, le dossier illustre la capacité d’entreprises africaines à mobiliser des ressources longues afin de s’imposer comme acteurs régionaux.

Du côté du bénéficiaire, le président-directeur général Justin Talom évoque une étape déterminante pour accélérer les investissements et élargir l’offre de services dans la sous-région. La stratégie épouse une tendance plus large observée chez plusieurs opérateurs camerounais du secteur, qui cherchent à se positionner en intégrateurs régionaux face à la concurrence des grands groupes internationaux présents sur les terminaux portuaires de Kribi et de Douala.

L’opération s’inscrit dans la doctrine assumée par la SFI en Afrique centrale : appuyer des entreprises locales structurées plutôt que de financer uniquement de grands projets publics d’infrastructure. Dans une sous-région où l’intégration commerciale demeure faible malgré l’appartenance commune à la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC), la logistique privée est identifiée comme un point de bascule pour fluidifier les échanges intra-zone.

La portée réelle de l’investissement dépendra néanmoins de variables qui échappent partiellement à Catramp. La qualité d’exécution des chantiers d’entreposage, la stabilité du cadre douanier camerounais, la sécurisation des convois en territoire centrafricain et la fluidité administrative côté tchadien conditionneront le retour sur investissement. À ces facteurs s’ajoute la concurrence croissante des opérateurs implantés sur le port en eaux profondes de Kribi, qui rebat les cartes de la hiérarchie logistique régionale.

Rédaction
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