(BFI) – Le Cameroun est resté le premier marché du crédit de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) au premier trimestre 2026, malgré une forte baisse de l’activité de prêt et une hausse des coûts d’emprunt.
Selon un rapport sur les taux d’intérêt publié par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), les banques et autres établissements de crédit opérant au Cameroun ont octroyé 1 340 milliards de Fcfa de nouveaux prêts entre janvier et mars 2026, contre 1 890 milliards de Fcfa sur la même période l’année précédente. Ce recul représente une baisse de 28,2 % sur un an. Malgré ce ralentissement, le Cameroun a représenté 53,3 % de l’ensemble des nouveaux crédits accordés dans les six pays membres de la CEMAC au cours du trimestre, confirmant ainsi sa position dominante sur le marché bancaire régional.
Les banques commerciales sont restées la principale source de financement, fournissant plus de 99 % des prêts octroyés durant cette période. L’écart entre le Cameroun et les autres pays de la CEMAC souligne l’importance de son secteur financier et de son économie en général.
Au cours du premier trimestre, les établissements de crédit camerounais ont octroyé plus du double de crédits que ceux du Gabon, qui représentaient 22,8 % du total des prêts régionaux, et environ quatre fois plus que ceux de la République du Congo, qui en représentaient 12,9 %. L’activité de crédit a été considérablement plus faible en Guinée équatoriale, au Tchad et en République centrafricaine, qui représentaient ensemble moins de 11 % des nouveaux prêts de la région.
La position dominante du Cameroun reflète son poids économique important au sein de la CEMAC. Le pays concentre environ 40 % du tissu industriel régional et près de 40 % de son réseau bancaire, ce qui en fait le premier marché de services financiers du bloc. Les coûts d’emprunt augmentent, mais restent inférieurs à la moyenne régionale. Le premier trimestre a également été marqué par une hausse des taux d’intérêt, conformément à une tendance régionale plus générale.
Selon la BEAC, le taux d’intérêt moyen des prêts au Cameroun a atteint 9,03 % au cours de la période, contre 8,26 % un an auparavant. Cela représente une hausse de 77 points de base sur un an. Sur une base trimestrielle, les taux ont augmenté de 65 points de base, passant de 8,38 % au quatrième trimestre 2025. Malgré cette hausse, le coût du crédit au Cameroun est resté nettement inférieur à la moyenne de la CEMAC, qui s’établissait à 12,38 %. Le pays a également continué d’offrir les taux d’intérêt moyens les plus bas de la région.
Dans les cinq autres États membres, le coût moyen du crédit est resté à deux chiffres, atteignant 21,51 % au Gabon et 17,44 % en Guinée équatoriale. Ces chiffres indiquent que, malgré le renchérissement du crédit en Afrique centrale, le Cameroun continue d’offrir les conditions de financement les plus favorables de la région, ce qui contribue à maintenir sa position de premier marché du crédit au sein de la CEMAC.
André Noir




