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Plus de 100 sociétés minières traduit en justice au Cameroun

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Le Pr FUH CALISTUS Gentry, a animé une conférence dans le cadre de la matérialisation et de la mise en œuvre des actions menées par le MINMIDT en rapport avec le thème du SAGO : « Partenariat État-Secteur privé : levier d’un Cameroun émergent ».

Au-delà des réalisation menées dans le secteur minier, le membre du gouvernement a indiqué qu’«à ce jour, plus de cent (100) sociétés sont poursuivies en justice, tandis que vingt-deux (22) sociétés sont en cours de formalisation ».

Le Minmidt excipe du « renforcement de l’ordre et la gouvernance dans l’industrie de l’or dans un contexte de pression croissante des autorités pour mieux encadrer l’exploitation aurifère et réduire les pertes de recettes publiques ». L’objectif affiché par le Minmidt est « de sanctionner spécifiquement les entreprises qui n’ont pas respecté les cadres légaux d’exploitation ». Ces entités, principalement implantées dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua, sont accusées d’« exercer des activités d’orpaillage avancé sans permis valide ni respect des obligations fiscales et environnementales ».

Le gouvernement camerounais met en avant « des listes actualisées de sociétés jugées non conformes, avec des mesures allant de la suspension des opérations à des procédures judiciaires formelles ». « Nombre de ces entreprises ont été sommées de démanteler leurs installations et de cesser immédiatement toute activité liée à l’extraction aurifère illégale, sous peine de voir des forces de l’ordre intervenir à leurs frais », renseignent des sources ministérielles.

Ce mouvement s’inscrit dans une série de démarches entreprises récemment par l’exécutif pour renforcer le contrôle du sous-secteur aurifère, considéré comme un défi clé pour l’économie nationale. Les autorités dénoncent depuis plusieurs mois l’ampleur des pratiques non autorisées, qui privent l’État de recettes fiscales conséquentes tout en exposant les zones d’exploitation à des dommages environnementaux sévères.

L’ampleur du phénomène n’est plus à démontrer. Il y a quelques semaines, le Minmidt a commis un communiqué de presse dans lequel il publiait une liste de 216 exploitants illégaux opérant dans les zones aurifères du pays, avec une majorité d’entités de provenance étrangère, notamment chinoise. Ces opérations informelles ont été associées à de fortes divergences entre les volumes d’or officiellement exportés et les quantités qui circulent sur les marchés internationaux, signe d’une fuite potentielle de valeur hors des circuits légaux.

En parallèle de ces poursuites, l’administration minière a renforcé certaines exigences réglementaires pour tous les acteurs du secteur. Cela inclut des conditions financières et techniques plus strictes pour l’obtention ou le maintien des licences, ainsi que des obligations accrues en matière de transparence des opérations et de respect des normes environnementales.

Pour les spécialistes du secteur extractif, « l’initiative camerounaise marque une étape importante vers une meilleure régulation de l’orpaillage ». Ils soulignent toutefois que « la réussite de cette stratégie dépendra largement de la capacité des autorités à assurer un suivi rigoureux des décisions prises, en particulier dans les zones difficiles d’accès où l’exploitation illégale a prospéré ». L’efficacité des poursuites judiciaires et l’application effective des sanctions seront des éléments déterminants pour restaurer la transparence dans ce segment économique sensible.

Au-delà de l’application stricte du droit, certains observateurs estiment que « l’État doit aussi encourager des formes légales et durables d’exploitation qui favorisent une meilleure redistribution des bénéfices au niveau local ». Cela pourrait inclure un soutien accru aux petits exploitants conformes et des mécanismes de traçabilité améliorés pour garantir que l’or produit contribue réellement au développement national.

Dans un secteur longtemps critiqué pour ses zones d’ombre, l’offensive judiciaire lancée par les autorités de Yaoundé pourrait constituer un tournant. A condition qu’elle s’accompagne d’une mise en œuvre rigoureuse et d’un cadre institutionnel renforcé. Le défi reste toutefois de taille pour aligner les intérêts économiques locaux et étrangers sur des pratiques minières responsables et conformes à la loi.

Rédaction
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