(BFI) – BGFI Holding a clôturé 2025 avec un total de bilan en hausse de 24 %. Au-delà de la taille, les ratios prudentiels retiennent surtout l’attention des investisseurs, révélant un matelas de sécurité largement supérieur aux minima réglementaires, à quelques semaines d’une nouvelle levée de fonds.
Un bilan qui franchit les 7390 milliards FCFA soit 13,10 milliards de dollars. À cette échelle, BGFI Holding Corporation, maison mère du groupe BGFIBank, ne fait plus que dominer la zone de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Elle joue dans la cour des grandes enseignes panafricaines.
Mais pour les investisseurs qui s’apprêtent à suivre la seconde phase de son introduction en bourse au troisième trimestre 2026, la vraie question n’est pas la taille. C’est la qualité de cette taille.
Cette photographie financière intervient à un moment charnière. Le plan stratégique « Dynamique 2025 », achevé en fin d’exercice, laisse place au Projet d’entreprise 2026-2030, dénommé BGFI 2030, lancé le 2 février dernier. Dans une zone CEMAC où le crédit bancaire reste le principal canal de financement des économies, la solidité du premier acteur régional pèse au-delà de ses propres bilans.
Des ratios prudentiels largement au-dessus des exigences réglementaires
C’est précisément ce que révèlent les chiffres présentés lors de l’assemblée générale du 15 mai à Libreville. Le ratio de couverture des risques, matelas de sécurité qui mesure la part de fonds propres immobilisés par la banque pour absorber d’éventuelles pertes sur ses engagements, s’établit à 24 %, soit trois fois le minimum réglementaire de 8 % fixé par la Commission bancaire d’Afrique centrale (COBAC). Traduction concrète : pour chaque franc exposé au risque, le groupe immobilise un coussin de fonds propres très largement au-dessus de ce qu’exige le régulateur.
Le ratio de liquidité atteint 126 %, au-delà du seuil de 100 %, ce qui signifie que le groupe dispose à tout moment de plus d’argent immédiatement mobilisable qu’il n’a de dettes à rembourser dans l’année. Le coefficient de transformation à long terme grimpe à 124 % pour une exigence de 50 %, ce qui signifie que les crédits accordés sur dix, quinze ou vingt ans sont bien adossés à des ressources de même durée et non à des dépôts courts susceptibles de partir du jour au lendemain.
Cette solidité se double d’une rentabilité élevée. Avec un résultat net de 133 milliards FCFA et des capitaux propres de l’ordre de 770 milliards, la rentabilité des fonds propres ressort autour de 21 %, un niveau que peu d’établissements de la sous-région affichent durablement. Le produit net bancaire, à 414 milliards FCFA, progresse de 26 %, soit plus vite que le résultat net (+9 %). Cet écart traduit une banque encore en phase d’investissement, qui réinjecte dans sa croissance plutôt que de tout convertir en profit immédiat.
« L’objectif pour cet exercice 2026 sera un résultat de 165 milliards de francs CFA », a indiqué Rhinesse Katsou, directeur général adjoint en charge du pôle Finance, fixant une cible de progression de près d’un quart sur un an. « Cette structure de capital donne au groupe une marge de manœuvre rare dans un marché bancaire où le coût du risque pèse lourd », commente un analyste bancaire régional.
Cette trajectoire est validée par les agences de notation. En juin 2025, l’agence panafricaine Bloomfield Investment a relevé la note long terme de BGFI Holding Corporation de A+ à AA-, avec perspective stable. L’agence motivait sa décision par « l’exécution rigoureuse du Projet d’Entreprise Dynamique 2025 » et la capacité accrue du groupe à générer des flux de trésorerie solides. Une appréciation rare dans la sous-région, qui se traduit en marge de manœuvre pour le groupe sur les marchés financiers.
La dynamique s’appuie sur une assise commerciale large : 4263 milliards FCFA de dépôts (+10 %), 3752 milliards de crédits (+5 %), une présence dans douze pays et plus de 3000 collaborateurs. Reste l’épreuve de vérité. Au troisième trimestre, le groupe doit lever 81 milliards FCFA pour porter son flottant à 10 %. C’est à cette occasion que le marché jugera si la solidité affichée se traduit en appétit des investisseurs.




