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Camtel et le Gecam scellent un partenariat numérique au Cameroun

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Le périmètre opérationnel couvre l’ensemble de la chaîne de valeur des services numériques aux entreprises. Connectivité internet sécurisée, interconnexion des sites distants, téléphonie fixe et mobile, cybersécurité et hébergement des données dans le data center de l’opérateur historique figurent au menu. Ces prestations seront proposées à des conditions tarifaires préférentielles, un argument décisif pour des entreprises souvent contraintes d’arbitrer entre modernisation et trésorerie.

Le constat qui sous-tend cette convention n’a rien d’anecdotique. Le Cameroun figure parmi les économies d’Afrique subsaharienne où la digitalisation du secteur privé progresse lentement, malgré l’arrivée de plusieurs câbles sous-marins sur sa façade atlantique. Le cabinet britannique Cable Co, qui établit chaque année un classement mondial du coût moyen du gigaoctet d’internet haut débit, situait ce tarif à environ 1,63 dollar pour le Cameroun en 2023. À titre de comparaison, l’accès à internet pour les entreprises y revient trois à quatre fois plus cher qu’au Rwanda ou au Ghana, deux références continentales en matière d’infrastructure numérique.

Le surcoût n’est pas le seul handicap. La qualité de service demeure une variable critique, régulièrement mise en cause par les utilisateurs professionnels. Ruptures à répétition sur la dorsale en fibre optique, délestages électriques affectant les équipements actifs, latence sur certaines liaisons internationales : autant de frictions que les opérateurs invoquent pour expliquer l’écart entre les promesses commerciales et l’expérience réelle des clients. Le Comité de compétitivité, logé au ministère de l’Économie, range ces dysfonctionnements parmi les freins structurels à la productivité des entreprises camerounaises.

Pour Camtel, ce rapprochement avec le patronat dépasse la simple opération commerciale. L’opérateur public détient la majeure partie de la fibre optique terrestre du pays et exploite plusieurs points d’atterrissement de câbles internationaux. Sa capacité à fournir une connectivité stable conditionne, de fait, la performance de l’ensemble de l’écosystème télécoms national, y compris celle des opérateurs mobiles privés qui louent ses capacités. Une convention adossée à un acteur représentant le poids économique du Gecam place donc l’entreprise publique devant une exigence de résultat tangible.

Le Gecam, qui fédère une grande partie des employeurs formels du pays, entend obtenir des engagements de service mesurables. La sécurisation des données, sujet sensible à mesure que les obligations de conformité se durcissent en Afrique centrale, occupe une place centrale dans le dispositif. L’hébergement local proposé via le data center de Camtel répond à une demande croissante de souveraineté numérique, alors que de nombreuses entreprises camerounaises stockent encore leurs informations critiques sur des serveurs situés en Europe ou en Afrique du Sud.

Reste la question des coûts réels qui seront consentis aux adhérents du Gecam. Les tarifs préférentiels annoncés n’ont pas encore été chiffrés publiquement, et leur portée dépendra du volume d’entreprises effectivement raccordées. Les PME, qui forment l’essentiel du tissu économique camerounais, constituent la cible naturelle de cette offre : elles disposent rarement des marges nécessaires pour absorber les abonnements professionnels haut débit pratiqués actuellement sur le marché.

Par ailleurs, la fiabilité de la dorsale optique gérée par Camtel demeure le véritable juge de paix. Sans stabilisation durable du réseau, les avantages tarifaires risquent d’être compensés par les pertes liées aux interruptions de service. Le partenariat avec le patronat oblige ainsi l’opérateur à accélérer ses chantiers de maintenance et de redondance, sous le regard d’un client collectif particulièrement sensible aux ruptures de production.

Rédaction
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