(BFI) – Le Cameroun veut renforcer la capacité de ses petites et moyennes entreprises à accéder au marché américain. C’est l’objectif du programme Export Readiness, lancé le 28 mai 2026 à Douala par le ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat, Achille Bassilekin III. Portée par la plateforme American Liaison in Africa (ALA), l’initiative vise à outiller les PME locales face aux exigences de conformité, de structuration et de compétitivité du marché américain.
Pendant deux jours, environ une centaine d’opérateurs économiques doivent être formés sur plusieurs aspects liés à l’exportation : structuration de l’entreprise, logistique, normes, traçabilité, mise en relation commerciale et protection juridique. Après Douala, le programme devrait se poursuivre dans d’autres villes du pays.
Selon Emilie Siewe, promotrice d’ALA, ce programme entend fournir aux entreprises les outils, les connaissances en matière de conformité et les stratégies opérationnelles nécessaires pour exporter des biens et des services à l’international, avec un accent particulier sur le marché américain.
Pour ALA, le potentiel existe, mais sa concrétisation suppose une meilleure information des entreprises camerounaises sur les opportunités commerciales et une préparation plus rigoureuse aux standards exigés aux États-Unis. L’initiative intervient alors que le Cameroun reste exclu de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), le dispositif commercial américain qui accorde à certains pays d’Afrique subsaharienne un accès préférentiel au marché américain.
Pour le ministre Achille Bassilekin III, l’Export Readiness Program doit contribuer à consolider les relations d’affaires entre Yaoundé et Washington. À travers ce programme, le gouvernement espère voir davantage de PME camerounaises mieux préparées à exporter vers les États-Unis. Il compte également sur l’appui de ses partenaires institutionnels et privés pour diffuser les informations utiles aux exportateurs locaux.
L’enjeu est économique. Les échanges commerciaux entre le Cameroun et les États-Unis restent encore limités au regard de la taille du marché américain. Selon les données du Bureau du représentant américain au commerce, les importations américaines de biens en provenance du Cameroun ont atteint 287,7 millions de dollars en 2025, tandis que les exportations américaines vers le Cameroun se sont établies à 169,3 millions de dollars.
Pour les PME camerounaises, l’accès à un marché de près de 350 millions d’habitants ne dépendra pas seulement de l’existence d’opportunités commerciales. Il reposera aussi sur leur capacité à respecter les normes de qualité, les exigences documentaires, les règles de traçabilité, les certifications, les délais logistiques et les conditions juridiques propres au commerce international.
Reste à savoir si ce programme pourra dépasser le stade de la formation ponctuelle pour devenir une véritable feuille de route opérationnelle. Pour accroître durablement les exportations camerounaises vers les États-Unis, les PME devront être accompagnées au-delà de la sensibilisation : certification, accès au financement, adaptation des produits, prospection commerciale, contrats de distribution et suivi des premières opérations d’exportation seront déterminants.




