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PAMOL dévoile un plan de redressement de 36 milliards de Fcfa suite à une chute de production et à des retards de paiement de salaires

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La direction y a détaillé les difficultés opérationnelles et financières rencontrées par cette société agro-industrielle publique. Cette conférence faisait suite aux inquiétudes croissantes concernant les salaires impayés de près de 1 000 employés et la baisse de production chez l’un des plus anciens producteurs d’huile de palme du Cameroun. La direction a indiqué que les ouvriers agricoles ont été payés jusqu’en février 2026, tandis que le personnel d’encadrement, y compris le directeur général, n’a perçu son salaire que jusqu’en janvier 2026. L’entreprise a imputé ces retards de paiement à une baisse de la production due à la vétusté des infrastructures et au vieillissement des plantations, plutôt qu’à une mauvaise gestion administrative.

Selon les chiffres présentés par l’entreprise, la production d’huile de palme de PAMOL a progressé régulièrement entre 2021 et 2024, atteignant 3 692 tonnes en 2024. La production a ensuite chuté brutalement en 2025 à 2 556 tonnes, soit une baisse de plus de 1 100 tonnes en un an. La direction a attribué cette baisse au vieillissement prématuré des palmiers, entre 65 et 70 % des plantations ayant dépassé leur durée de vie productive. Certains arbres auraient environ 40 ans, ce qui rend la récolte de plus en plus inefficace et coûteuse.

L’entreprise a également signalé que la vétusté des chaudières à vapeur de ses deux usines de transformation a considérablement réduit sa capacité de traitement et ses revenus. Les usines de PAMOL ne sont pas raccordées au réseau électrique national et fonctionnent entièrement grâce à des systèmes à vapeur mis en service en 1967. Une chaudière aurait commencé à présenter des défaillances fin 2024 en raison de l’usure de ses tubes internes, tandis que la seconde était déjà hors service depuis plusieurs années. La direction a indiqué que ces pannes ont affecté la capacité de l’entreprise à transformer les régimes de fruits récoltés, réduisant ainsi sa trésorerie et limitant sa capacité à honorer ses obligations salariales. PAMOL estime les pertes liées aux fruits non transformés entre 700 et 800 millions de FCFA par tonne non transformable.

Des travaux de réparation d’urgence sont actuellement en cours afin de maintenir une production limitée grâce à la chaudière encore opérationnelle. Dans le cadre de ses mesures de stabilisation à court terme, l’entreprise a annoncé son intention d’installer un décanteur à l’usine de Lobe afin d’améliorer l’efficacité d’extraction et d’accroître la production d’huile avant la mise en œuvre du programme de réhabilitation global.

Le plan stratégique soumis au gouvernement prévoit la construction d’une nouvelle huilerie d’une capacité de 30 tonnes par heure à Lobe, la rénovation de l’usine de Ndian, le renouvellement des plantations vieillissantes, la réhabilitation des routes et des ponts des plantations, ainsi que la construction de logements pour le personnel, d’infrastructures de santé et de loisirs. Le programme comprend également des dispositions pour le règlement des arriérés de salaires et le soutien aux travailleurs touchés par le ralentissement économique.

Ce projet devrait permettre d’accroître la production annuelle d’huile de palme d’environ 6 000 tonnes à 36 000 tonnes et de créer près de 2 000 emplois. PAMOL exploite actuellement environ 11 000 hectares de plantations, principalement dans la division de Ndian. L’entreprise, qui employait autrefois près de 3 000 personnes, compte aujourd’hui moins de 1 000 employés suite à des années de réduction d’activité, en partie liées à la crise sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Les rendements des exploitations ont également chuté brutalement, passant des niveaux précédents de 15 à 18 tonnes de régimes de fruits frais par hectare à moins de deux tonnes par hectare.

Omer Kamga

Rédaction
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