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Le Cameroun investi 200 millions de Fcfa pour son premier mini-réseau solaire privé inauguré dans le cadre du Pacte énergétique national

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Avec une capacité de stockage de 116,6 kWh et un réseau de distribution reliant des habitations, des centres de santé, des commerces et une station-service, la centrale est conçue pour alimenter immédiatement plus de 100 abonnés à Voundou, et une extension à 300 kWc est déjà prévue. Les chiffres officiels présentés lors de la cérémonie d’inauguration indiquent que le taux d’électrification global du Cameroun avoisine les 74 %, tandis que l’accès à l’électricité dans les zones rurales demeure inférieur à 40 %. Les autorités affirment que ce déséquilibre a fait des systèmes décentralisés, tels que les mini-réseaux solaires, une priorité de la Stratégie nationale de développement (SND30).

M. Nkué a déclaré que l’État avait investi massivement dans des infrastructures énergétiques majeures, notamment la centrale à gaz de Kribi, le barrage de Lom Pangar, le complexe hydroélectrique de Memve’ele, le projet hydroélectrique de Nachtigal et les installations solaires de Maroua et Guider. Cependant, de nombreuses communautés restent encore éloignées des réseaux de transport d’électricité. « Le développement du réseau national sur l’ensemble du territoire est très coûteux. La mise en place de mini-réseaux complète la politique énergétique actuelle. Ces mini-réseaux sont indispensables pour alimenter les communautés éloignées du réseau électrique national. Ce projet s’inscrit pleinement dans la politique énergétique du gouvernement et dans le Pacte énergétique, qui constitue désormais le cadre de référence de l’action publique », a affirmé M. Nkué. Il a ajouté que la production d’énergie solaire viendrait compléter, et non concurrencer, les sources hydroélectriques et thermiques existantes, dans le cadre d’un mix énergétique national plus large.

REI Cameroun vise le déploiement dans 145 villages Pour REI Cameroun, le site de Voundou constitue à la fois un projet pilote commercial et une preuve de concept pour une stratégie d’expansion plus vaste.

Le directeur général, Jude Numfor, a déclaré que l’entreprise ambitionne de déployer 145 mini-réseaux dans six régions d’ici 2029. Il a toutefois précisé que cela ne couvrirait encore que moins de 1 % des plus de 9 000 villages du pays qui, selon les estimations, n’ont pas accès à l’électricité. L’entreprise a indiqué que le projet de Voundou a coûté environ 200 millions de francs CFA et pourrait ultérieurement être étendu de 100 kW à environ 300 kW en fonction de la demande. Cette capacité d’extension pourrait rendre les mini-réseaux attractifs pour les investisseurs recherchant une exposition à long terme au marché de l’énergie hors réseau au Cameroun. « Ce projet démontre clairement que les solutions d’énergies renouvelables au Cameroun sont non seulement performantes, mais aussi rentables », a affirmé M. Numfor.

Construction locale, surveillance numérique

La configuration technique de la centrale combine un champ solaire de 100 kWc avec un système de stockage par batterie de 116,6 kWh et trois onduleurs : une unité principale de 50 kW et deux onduleurs complémentaires de 12 kW, tous fabriqués et assemblés localement au Cameroun. Un groupe électrogène diesel assure l’alimentation de secours, garantissant la disponibilité de l’électricité dès 7h30, quelles que soient les conditions d’ensoleillement. Le site est équipé d’un logiciel de surveillance à distance en temps réel et de caméras de surveillance, permettant aux ingénieurs de REI Cameroun de suivre les performances du système et d’intervenir en cas de panne via une application mobile, depuis n’importe quel endroit. Le réseau de distribution dessert les ménages, les centres de santé, les commerces et les institutions publiques, avec une protection par disjoncteur au niveau du point de distribution central.

Pour Njemsi Emmanuel Kimah, entrepreneur de Voundou qui a déjà raccordé au réseau cinq machines à bois, d’une puissance de sept à dix chevaux, la mise en service marque la fin d’une dépendance coûteuse aux groupes électrogènes et aux pénuries de carburant. Il a déclaré que depuis son raccordement au mini-réseau, il n’avait subi aucune coupure de courant, pouvait faire fonctionner toutes ses machines simultanément pour la première fois et avait réduit sa pénibilité physique tout en augmentant sa capacité de production. « Avant, je devais faire fonctionner mes machines une par une avec un générateur. Maintenant, nous travaillons comme les autres habitants de la ville et j’attends une meilleure production. Nous n’avons plus l’impression d’être à la traîne. Même à Yaoundé, il arrive que des gens subissent des coupures de courant, mais ici, nous n’en subissons jamais », a déclaré Njemsi.

Pourquoi Voundou est important

Le projet de Voundou offre un cas d’étude commercial pour l’électrification rurale décentralisée au Cameroun. Si les tarifs restent abordables et les recettes stables, ce modèle pourrait mobiliser de nouveaux capitaux privés pour des projets similaires à l’échelle nationale. Pour le gouvernement, chaque mini-réseau villageois performant peut réduire la pression sur les coûteux travaux d’extension du réseau tout en accélérant la réalisation de son objectif d’électrification pour 2030. Pour des entreprises comme REI Cameroun, cette initiative ouvre la voie à un vaste marché inexploité, selon ses dirigeants, pour la distribution d’électricité.

Alors que des milliers de communautés n’ont toujours pas accès à une électricité fiable, la nouvelle centrale solaire de Voundou constitue un premier test pour évaluer si les mini-réseaux privés peuvent stimuler la transformation économique rurale au Cameroun. Numfor a profité de cette tribune pour exposer les conditions qu’il juge nécessaires à la reproduction à grande échelle du modèle de Voundou au Cameroun. Il a plaidé pour une amélioration du cadre réglementaire, notamment la simplification des procédures d’identification, d’attribution et d’autorisation des sites afin de réduire les délais et les coûts de développement des projets. Il a également souligné la nécessité de mettre en place des instruments de protection des investisseurs, tels que des garanties, des subventions ciblées et des montages financiers mixtes, afin de mobiliser les capitaux privés requis.

Rédaction
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