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Murphy Oil et Octavia Energy retenues sur cinq blocs d’exploration au Cameroun

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Selon le communiqué signé par l’administrateur-directeur général de la SNH, Adolphe Moudiki, cinq blocs ont été retenus sur les neuf proposés. La société américaine Murphy Oil Corporation, à travers sa filiale Murphy West Africa Ltd, obtient quatre blocs situés dans le bassin Douala/Kribi-Campo : Etinde Exploration, Tilapia, Elombo et Ntem. Octavia Energy Corporation se voit, pour sa part, attribuer le bloc Bolongo Exploration, dans le bassin du Rio del Rey.

Ces attributions ne marquent pas encore le démarrage de la production. Elles ouvrent plutôt une phase de négociation avec les opérateurs retenus, en vue de la conclusion de contrats de partage de production (CPP). Ces contrats encadreront les travaux d’exploration, d’appréciation puis, en cas de découverte commercialement exploitable, de développement et d’exploitation des gisements.

Cinq blocs attribués sur neuf proposés

Le licensing round portait initialement sur neuf blocs répartis entre deux bassins sédimentaires. Dans le bassin du Rio del Rey, trois blocs étaient proposés : Ndian River, Bolongo Exploration et Bakassi. Dans le bassin Douala/Kribi-Campo, six blocs étaient ouverts aux investisseurs : Etinde Exploration, Bomono, Nkombe-Nsepe, Tilapia, Ntem et Elombo.

À ce stade, quatre blocs n’ont donc pas été attribués, du moins selon les résultats communiqués par la SNH. Il s’agit d’un élément important pour apprécier l’attractivité réelle de l’appel d’offres, dans un contexte où les capitaux pétroliers se dirigent prioritairement vers les zones jugées les plus prometteuses ou les moins risquées.

Pour le Cameroun, l’objectif est clair : relancer l’amont pétrolier, renouveler les réserves et ralentir le déclin naturel des champs matures. La production nationale reste modeste à l’échelle africaine et se situe autour de 60 000 barils par jour, selon les données généralement communiquées ces dernières années par les autorités du secteur. Cette tendance rend l’exploration stratégique pour préserver les recettes publiques issues des hydrocarbures.

Le risque d’exploration transféré aux opérateurs

Les blocs attribués devraient être développés dans le cadre de contrats de partage de production, le principal mécanisme utilisé dans l’amont pétrolier camerounais. Dans ce modèle, l’État conserve la propriété des ressources du sous-sol, tandis que l’opérateur privé finance les travaux d’exploration à ses risques. Si les recherches n’aboutissent pas à une découverte commercialement viable, l’investisseur supporte l’essentiel du coût. En revanche, en cas de succès, la production est partagée entre l’État et l’opérateur selon les modalités prévues dans le contrat. Cette architecture contractuelle permet au Cameroun de mobiliser des capitaux et des compétences techniques sans engager directement des dépenses lourdes dans une phase où l’incertitude géologique reste élevée.

Une relance prudente de l’amont pétrolier

La SNH met en avant le potentiel des blocs proposés, notamment leur proximité avec des zones déjà explorées ou en production, l’existence de données sismiques 2D et 3D, ainsi que la présence de forages antérieurs et de prospects identifiés. Ces éléments sont censés réduire le risque technique pour les investisseurs. Mais l’attribution de seulement cinq blocs sur neuf montre aussi que la relance de l’exploration demeure sélective. Le marché pétrolier mondial reste marqué par une forte discipline d’investissement des compagnies, qui privilégient les actifs offrant une visibilité géologique, fiscale et commerciale suffisante.

Dans ce contexte, l’arrivée ou le retour d’opérateurs internationaux comme Murphy Oil constitue un signal positif pour le Cameroun. Mais la portée réelle de ce licensing round dépendra désormais de deux étapes décisives : la signature effective des CPP et la capacité des opérateurs retenus à engager rapidement des travaux d’exploration.

Pour Yaoundé, l’enjeu dépasse la simple attribution de blocs. Il s’agit de reconstituer progressivement le portefeuille d’actifs pétroliers du pays, dans un environnement régional où la concurrence pour attirer les investissements d’exploration s’intensifie.

Rédaction
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