(BFI) – Yaoundé devient, pendant cinq jours, l’un des principaux pôles de concertation sur l’éducation dans l’espace francophone. Du 27 avril au 1er mai 2026, la capitale camerounaise accueille la 61e session ministérielle de la Conférence des ministres de l’Éducation des États et gouvernements de la Francophonie, une organisation intergouvernementale créée en 1960 et basée à Dakar.
À quelques jours de l’ouverture des travaux, les préparatifs sont entrés dans leur dernière phase. Le 21 avril, une réunion de cadrage s’est tenue au ministère des Relations extérieures, sous la conduite du ministre Lejeune Mbella Mbella et du ministre de l’Éducation de base, Laurent Serge Etoundi Ngoa, par ailleurs président du comité national d’organisation. Des responsables des commissions techniques, des représentants d’administrations et des experts mobilisés pour l’événement ont pris part à cette séance de suivi.
Selon le rapport présenté par Daniel Oyono Adams, secrétaire général du ministère de l’Éducation de base et coordonnateur technique des préparatifs, l’organisation avance sans difficulté majeure. Les questions liées à l’accueil et à l’hébergement des délégations, au protocole, à l’enregistrement des participants, au transport, à la restauration et à la logistique générale ont été passées en revue, conformément aux informations publiées par le ministère de l’Éducation de base.
Pour les autorités camerounaises, l’enjeu dépasse la seule organisation matérielle. L’accueil de cette session ministérielle constitue aussi une séquence diplomatique pour le Cameroun, qui entend se positionner comme un acteur actif de la coopération éducative francophone. Le ministère des Relations extérieures présente la rencontre comme un moment destiné à renforcer la coopération en Francophonie et à soutenir l’avenir de la jeunesse.
La 61e session de Yaoundé s’inscrit dans un processus engagé en amont. Du 2 au 4 février 2026, le Groupe de travail des correspondants nationaux de la Confemen s’est réuni à Praia, au Cap-Vert, afin d’examiner les documents appelés à être soumis à l’adoption de la session ministérielle prévue au Cameroun. La rencontre de Yaoundé apparaît ainsi comme une étape de décision, et non comme un simple rendez-vous protocolaire.
Créée en 1960, la Confemen est considérée comme la plus ancienne institution de la Francophonie. Elle regroupe des États et gouvernements membres répartis sur plusieurs continents et a pour mission d’orienter les politiques éducatives dans les pays ayant le français en partage. Son action porte notamment sur la qualité de l’éducation, l’évaluation des systèmes éducatifs, le partage d’expériences et l’appui aux réformes nationales.
La session de Yaoundé intervient dans un contexte où les systèmes éducatifs francophones restent confrontés à plusieurs défis : amélioration des apprentissages fondamentaux, accès équitable à l’école, formation des enseignants, gouvernance des systèmes éducatifs et adaptation aux mutations numériques. Ces questions étaient déjà au cœur d’une rencontre organisée à Dakar en janvier 2025, qui avait réuni plus de 120 participants en présentiel et une centaine en ligne autour de l’amélioration des apprentissages fondamentaux au primaire.
À Yaoundé, ministres, experts et partenaires devront donc consolider les orientations communes et identifier des réponses adaptées aux réalités des États membres. Pour le Cameroun, l’événement représente à la fois une vitrine diplomatique et une occasion de participer aux débats sur l’avenir de l’éducation francophone. Au-delà des échanges institutionnels, l’enjeu reste celui de la capacité des États à traduire les engagements pris en politiques publiques mesurables, au bénéfice des élèves et des enseignants.




