(BFI) – Après trois trimestres de déclin qui inquiétaient les marchés, l’amont pétrolier gabonais a réussi un retournement de situation in extrémis en fin d’année 2025. La production nationale s’est établie à 18,77 millions de barils sur le trimestre, franchissant un nouveau seuil psychologique de 204 000 barils par jours. Ce rebond de 1,6% est le fruit d’une stratégie agressive d’optimisation des rendements sur les champs mature, couplée à une remise en état technique des équipements de pompage.
Ce redressement opérationnel a permis de stabiliser les fondamentaux du secteur malgré la fatigue géologique de certains puits historiques. En coulisse, les opérateurs ont multipliés les interventions sur les puits existants (workover) pour extraire chaque baril possible, profitant d’un environnement de prix qui justifie ces investissements de maintenance intensive. L’efficacité des injections d’eau et de gaz a été déterminante pour maintenir la pression des gisements.
Sur le front commercial, le bilan est cependant plus nuancé. Malgré ce surplus de production, les exportations ont affiché un léger repli pour s’établir à environ 17,2 millions de barils. Un décalage qui s‘explique par des ajustements logistiques et des variations dans le calendrier des cargaisons à destination de l’Asie. Le brut demeure néanmoins le poumon financier du pays et ce regain de forme offre une marge de manœuvre cruciale pour l’équilibre budgétaire de l’Etat.
La question est désormais de savoir si ce sursaut peut s’inscrire dans la durée. Si l’optimisation des champs actuels a fonctionné, l’avenir du secteur repose désormais sur la capacité du Gabon à attirer des investissements massifs dans l’exploration de nouveaux blocs, tout en respectant des engagements de plus en plus strict sur la réduction du torchage de gaz naturel, afin de pérenniser la manne pétrolière.




