(BFI) – En 2025, le taux des créances en souffrance dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) a légèrement reculé de 0,2 point de pourcentage pour s’établir à 16,0 % des crédits bruts. C’est ce qu’indique le dernier rapport de politique monétaire publié début avril par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). Cette évolution traduit un début d’assainissement des portefeuilles bancaires dans la sous-région.
Cette baisse, bien que modeste, intervient alors que les crédits à l’économie ont augmenté de 10,7 % en 2025, pour atteindre 13 742,8 milliards FCFA (environ 24,5 milliards $). Les banques ont donc réussi à contenir les créances douteuses malgré la hausse des financements. Cette évolution s’explique notamment par la reprise économique hors pétrole, avec une croissance de 4,3 % en 2025 contre 3,4 % en 2024. Les secteurs de l’agro-industrie, du commerce, des services et du BTP ont été les principaux bénéficiaires des crédits.
Les banques ont également privilégié les financements à court terme (+10,7 %) pour soutenir la trésorerie des entreprises. Dans le même temps, l’inflation a reculé à 2,1 % en 2025 contre 4,1 % en 2024. En revanche, le coût du crédit a augmenté, avec un TEG moyen de 11,50 % au quatrième trimestre 2025.
Malgré ces évolutions positives, des fragilités persistent. La trésorerie nette des banques a reculé de 7,3 % en 2025, reflétant des tensions de liquidité. Les créances sur les États ont augmenté de 9,4 %, ce qui pourrait limiter le financement du secteur privé. Face à ces dynamiques contrastées, la BEAC a maintenu ses taux directeurs inchangés en avril 2026, privilégiant une approche prudente afin de préserver la stabilité monétaire et financière de la zone.




