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Horus Investment Capital désigne l’incapacité à fournir des projets bancables comme enjeu principal au financement des infrastructures

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Alors que l’attention a souvent été portée sur la disponibilité des financements pour les infrastructures en Afrique, Horus Investment Capital, une société de bourse et d’intermédiation financière basée à Douala, la capitale économique du Cameroun, pointe un angle mort du débat : la capacité du continent à fournir des projets d’investissement susceptibles de sécuriser facilement les détenteurs de capitaux.

Des responsables de cette entreprise ont eu l’occasion de le rappeler lors de la conférence Global Banking and Markets Africa 2026, tenue au Cap, en Afrique du Sud, le 17 mars dernier. « L’Afrique ne manque pas de capitaux ; elle doit renforcer sa capacité d’exécution », a déclaré Ibrahim Oumarou Sanda, conseiller senior et représentant d’Horus Investment Capital, lors d’un panel consacré aux retards d’exécution et aux risques associés sur les marchés africains de la dette.

Au Cameroun, ce problème est connu, et des mesures ont été prises pour y remédier. Le ministère de l’Économie et de la Planification a organisé, le 11 mars, une session de formation sur le décret n° 2025/01081/PM du 17 juin 2025, qui rend obligatoires la présélection des projets, l’analyse multicritère et un cadre d’investissement par programme.

Ces dispositions doivent toutefois encore permettre de lever les contraintes liées à la structuration de projets bancables, telles que requises par les bailleurs. Dans son rapport de consultation au titre de l’article IV consacré au Cameroun en 2026, le Fonds monétaire international a estimé que le financement bancaire commercial seul demeure insuffisant pour couvrir les besoins de développement du pays.

Or, les chiffres officiels disponibles, mettent en lumière plusieurs défis. Selon la note de conjoncture mensuelle de la dette publique du Cameroun à la date du 30 septembre 2025, le pays affichait un encours de dette déjà engagée mais non encore décaissée (SEND) de 4 714,7 milliards de FCFA (8,3 milliards $) — soit l’équivalent des deux tiers du budget national annuel. Ce chiffre illustre concrètement une réalité paradoxale : les ressources financières existent, mais les projets ne parviennent pas à les mobiliser facilement.

La même publication fait état de 975,8 milliards de FCFA d’autorisations de mobilisation de ressources pour financer des infrastructures précises auprès d’institutions financières restées non encore finalisées, principalement en raison d’un niveau insuffisant de bancabilité pour les opérations concernées, selon la Caisse Autonome d’Amortissement (CAA).

Dans une sous-région où les banques commerciales opèrent sous pression, et où les États multiplient les plans de développement en quête de financement, le débat se déplace : il porte désormais moins sur la disponibilité des capitaux que sur la capacité à convaincre ceux qui en disposent de s’engager, en toute confiance, dans des projets structurés pour durer.

Rédaction
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