(BFI) – Au Cameroun, la société de recouvrement des créances (SRC) passe à l’action pour le compte de la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (Bdeac). Dans un communiqué publié par la SRC, l’organisme public annonce la mise en œuvre du mandat de recouvrement qui lui a été confié pour traiter les créances compromises détenues par la banque régionale auprès de débiteurs installés au Cameroun.
Selon ce communiqué, la SRC indique que ce mandat découle de la convention signée à Brazzaville le 10 avril 2025 entre la Bdeac et la SRC pour « le recouvrement des créances compromises de ladite banque à l’égard des débiteurs situés au Cameroun ». L’entreprise invite désormais les débiteurs concernés notamment ceux ayant reçu « notification par la Bdeac du mandant de la SRC par la correspondance en date du 17 septembre 2025 » ainsi que « la lettre de mise en demeure de payer de la SRC » à entrer en contact avec ses services à Douala ou Yaoundé.
Le communiqué prévient que tout défaut de réaction exposera les débiteurs à des poursuites, précisant qu’ils « s’exposent à des procédures contentieuses de recouvrement sans autres formes de procès ». Cette formulation traduit le passage à une phase opérationnelle du dispositif de récupération des prêts en souffrance contracté auprès de la banque sous régionale. Cette mobilisation intervient dans un contexte de surveillance accrues des risques financiers au sein de la communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale. La Bdeac, institution financière régionale, finance les Etats, les entreprises publiques et privées et intervient dans des projets structurants allant des infrastructures à l’agro-industrie en passant par l’hôtellerie, selon les informations issues des documents institutionnels de la banque. La qualité de son portefeuille conditionne directement sa capacité à poursuivre ses financements.
La question du recouvrement des créances a d’ailleurs été explicitement évoqué lors de l’assemblée générale ordinaire des actionnaires de la banque tenue le 2 juin 2025 à Douala. Lors de cette séquence, le Président du conseil d’administration (PCA) de la Bdeac, Louis Paul Motaze, a souligné la nécessité de solutions financières coordonnées. « Nous avons d’ailleurs trouvé un solution séance tenante qui pourraient permettre à certains de ces Etats qui ont encore une créance vis-à-vis de la Bdeac. Ils doivent à peu près une créance de 45 milliards de Fcfa doit 15 milliards de Fcfa par Etat, parce qu’il y a trois et c’est à partir de cette créance que la Bdeac pourra leur verser leur qu’ils pourront utiliser une partie de cette somme ou reverser à la Bdeac. Tout le monde a bien compris que c’est une Bdeac forte qui pourra faire en sorte que les Etats soient forts », a-t-il déclaré.
Au niveau national, la SRC dispose déjà une expérience dans la récupération d’actifs publics et bancaires. Classés société à capitaux publics à caractère financier depuis 2020 et placé sous la supervision de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), elle intervient dans le recouvrement des créances, la liquidation d’établissements financiers et la gestion de patrimoines saisis. Des données communiquées par la direction de la société indiquent qu’en 2022, elle avait récupéré plus de 5,3 milliards de Fcfa pour le compte de l’Etat et traité des décisions judiciaires portant sur plus de 46 milliards de Fcfa.
Pour soutenir ces opérations, la SRC s’est dotée d’une brigade mobile composée d’enquêteurs chargés d’identifier les actifs des débiteurs et centraliser les informations financières utiles aux procédures, selon les informations fournies par la direction de l’entreprise. Ces moyens visent à renforcer l’efficacité des actions de terrain notamment lorsque des saisies sont envisagées.
André Noir




