(BFI) – Selon Abdel Rahmane Diop, chef de mission de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) au Cameroun, près de 10 000 Camerounais sont rentrés au pays après une expérience de migration irrégulière entre 2017 et 2021. Un chiffre qui illustre l’ampleur d’un phénomène préoccupant : sur la période, en moyenne 6 à 7 personnes quittaient clandestinement le Cameroun chaque jour, d’après le responsable de l’agence onusienne.
À l’échelle mondiale, l’OIM alerte sur un coût humain qui ne faiblit pas : son projet Missing Migrants a enregistré 80 301 décès de personnes mortes au cours de parcours migratoires dangereux depuis 2014.
S’exprimant le 29 janvier 2026 à Yaoundé, lors d’un atelier de sensibilisation sur les dangers croissants de la migration irrégulière, Abdel Rahmane Diop a plaidé pour une migration « choisie et sécurisée », en particulier pour les jeunes. Il a insisté sur l’urgence de renforcer les plateformes capables d’identifier des opportunités viables d’insertion socio-économique en Afrique, estimant que les retours massifs révèlent à la fois l’échec de nombreux parcours clandestins et l’existence d’un potentiel local insuffisamment valorisé.
Dans cette logique, l’ONG École citoyenne et politique de Yaoundé, en partenariat avec l’OIM Cameroun et l’Observatoire de la presse étrangère nationale, a organisé une classe foraine sous le thème : « Comprendre les risques pour mieux choisir son avenir ». Objectif : déconstruire les mythes autour de l’eldorado migratoire et mettre en avant des alternatives locales (formation professionnelle, entrepreneuriat, projets communautaires, accompagnement institutionnel).
Sur le plan opérationnel, l’OIM rappelle déployer au Cameroun, depuis 2017, le programme d’aide au retour volontaire et à la réintégration. Selon une publication des Nations Unies au Cameroun, l’initiative conjointe UE–OIM (mise en œuvre de juin 2017 à décembre 2022) a permis d’assister 5 340 Camerounais au retour volontaire, dont 4 917 ont bénéficié d’un appui à la réintégration économique, sociale et psychosociale. Dans le cadre de l’accompagnement, certains dispositifs prévoient notamment une enveloppe initiale à l’arrivée, puis un appui supplémentaire pour les porteurs de projets jugés viables.




