(BFI) – Le 3 janvier 2026, alors qu’il adressait un message des vœux aux équipes qu’il dirige, Amine Homman Ludiye, le directeur général d’Eneo, le concessionnaire de la production de la vente et de la distribution de l’énergie électrique au Cameroun, a tenu un discours aux allures de bilan.
A en croire ce haut responsable, Actis, le fonds britannique qui a acquis en 2014, 51% de parts dans Eneo, a versé « 520 milliards d’impôts et de taxes au Trésor public camerounais en 15 ans et a passé près de 1000 milliards de Fcfa de commande auprès d’entreprises locales ».
Outre la fiscalité, « plus de 2000 jeunes ont été recruté au cours de la période mentionnée, tandis que les investissements cumulés atteignent 432 milliards de Fcfa, orientés vers la sécurisation, la modernisation et la diversification du service électrique. A cela s’ajoute une progression notable de l’accès à l’électricité passant de 56% en 2014 à 76% en 2025 » selon les données internes de l’entreprise communiquées par son directeur général.
Malgré ces investissements, le secteur électrique camerounais demeure sous forte tension financière. Selon les données du ministère de l’eau et de l’énergie, Eneo affichait plus de 800 milliards de Fcfa de dette à fin 2024 donc environ 500 milliards de Fcfa envers ses fournisseurs et 80 milliards de Fcfa liés à des factures impayées. Le secteur est également miné par des pertes techniques élevées, des fraudes persistantes et des délestages récurrents qui continuent d’affecter ménages et entreprises.
C’est dans ce contexte que l’Etat a officialisé, l’an dernier, le rachat des parts d’Actis pour un montant estimés à 78 milliards de Fcfa, à l’issue de 2 ans de négociations. L’Accord signé au ministère des finances en présence des autorités sectorielles et d’une délégation du fonds britannique, ouvre une nouvelle phase de gouvernance pour Eneo. Désormais l’Etat détient 95% du capital, les 5 % restant sont détenus par les employés.
Présenté comme la première étape d’un plan de redressement du secteur de l’électricité, cette reprise du contrôle public doit s’accompagner d’un audit approfondi, d’une restructuration de la dette et d’un renforcement du recouvrement des créances, notamment publiques. L’objectif affiché par l’exécutif est un retour progressif à l’équilibre financier d’ici 2028.




